Par Carlos DEGBE
La filière avicole ivoirienne ouvre l’année 2026 avec une modification majeure de son cadre fiscal. L’annexe de gestion 2026 maintient l’application de la TVA de 18% sur la volaille et ses aliments, mettant fin à l’exonération dont bénéficiaient les éleveurs.
Cette décision intervient dans un contexte marqué par l’inflation alimentaire et la pression exercée sur les coûts de production.
Hausse de 18% et suppression d’exonération
Selon l’INTERAVI ( Association interprofessionnelle de la filière avicole en Côte d'Ivoire), le prix de la volaille augmente de 18% dès janvier 2026, conséquence directe de l’application de la TVA. L’INTRAVI confirme que les aliments pour volaille sont également désormais taxés au même taux, une disposition inscrite dans le budget de l’État, fixé à 17.350,2 milliards de francs Cfa.
Les organisations professionnelles précisent que toute la filière (éleveurs, transformateurs, revendeurs) doit appliquer la TVA sous peine de manquement réglementaire. Les acteurs dénoncent un choc immédiat sur les coûts, l’aliment représentant près de 70% des charges de production.
Un risque d’inflation alimentaire et de fragilisation du secteur
L’application de la TVA renchérit la production et impacte mécaniquement les prix à la consommation. Pour les ménages, la volaille (produit de grande consommation) devient moins accessible. Pour les entreprises, la hausse des charges réduit les marges et peut freiner les investissements.
Le risque sectoriel est également important : des aviculteurs évoquent la possibilité d’un recul de la production nationale et, pour certains, l’abandon de la filière. La compétitivité locale pourrait s’affaiblir au profit des importations, comme observé lors des baisses passées de droits sur la volaille extra-CEDEAO.
Une transition difficile mais structurante
Les risques identifiés concernent l’inflation des prix, la baisse d’activité de petits producteurs, et une pression accrue sur les chaînes d’approvisionnement.
À l’inverse, cette mesure pourrait encourager une restructuration plus professionnelle de la filière, avec une meilleure formalisation et une optimisation progressive des coûts de production.
Ajustements attendus et nécessité de dialogue
À court terme, la hausse des prix restera une réalité pour les ménages. À moyen terme, la filière devra s’adapter en renforçant sa productivité. Les organisations professionnelles appellent déjà à un dialogue soutenu avec les autorités pour limiter l’impact de cette transition fiscale et préserver la compétitivité nationale dans un marché régional concurrentiel.