Le département d’État américain a décidé de restreindre significativement ses opérations consulaires sur le continent africain. D’ici la fin juin 2026, seules vingt ambassades et consulats seront habilités à traiter les demandes de visa, contre une cinquantaine actuellement. La mesure, approuvée par le secrétaire d’État américain Marco Rubio, a été confirmée par trois responsables américains ayant requis l’anonymat, ainsi que par une note interne obtenue par l’Associated Press.
Une réorganisation consulaire aux conséquences pratiques immédiates
Concrètement, les ambassades situées dans les pays non retenus comme centres névralgiques ne seront plus en mesure d’instruire les demandes de visa. Leurs sections consulaires resteront opérationnelles pour les urgences concernant les citoyens américains, les renouvellements de passeports et les cas d’intérêt national particulier. Pour tout le reste, les ressortissants africains devront se rendre physiquement dans l’un des vingt sites agréés. Cette contrainte de déplacement représente des coûts supplémentaires significatifs en termes de transport, d’hébergement et de temps, particulièrement pour les pays enclavés ou géographiquement éloignés des capitales retenues.
Les mobilités économiques africaines sous pression
Cette décision s’inscrit dans une politique plus large de l’administration Trump visant à restreindre l’immigration et à réduire les dépassements de durée de séjour autorisée par les visas temporaires. Le traitement des visas africains avait déjà été affecté ces derniers mois par des interdictions de voyager frappant certains pays, ainsi que par l’instauration de cautions pouvant atteindre 15 000 dollars. Pour les acteurs économiques du continent, hommes d’affaires, cadres d’entreprises ou porteurs de projets cherchant des financements américains, chaque obstacle supplémentaire à la mobilité se traduit directement par des opportunités retardées ou abandonnées. La liste définitive des vingt pays retenus n’a pas encore été rendue publique, ce qui maintient une incertitude supplémentaire pour les opérateurs économiques qui doivent anticiper leurs démarches.
Une hiérarchie implicite entre capitales africaines
La sélection de vingt sites sur cinquante introduit de facto une distinction entre les pays africains aux yeux de Washington. Les ressortissants des pays retenus bénéficieront d’un accès direct au traitement consulaire, tandis que les autres devront transiter par des pays tiers. Cette asymétrie pourrait, à terme, orienter les flux d’affaires et les partenariats commerciaux vers les capitales mieux positionnées dans ce nouveau dispositif. Les organisations régionales africaines, dont la CEDEAO, n’ont pas encore formulé de réponse officielle à cette réorganisation.
Les 20 ambassades et consulats retenus pour le traitement des demandes de visa en Afrique :
Abidjan, Côte d'Ivoire
Accra, Ghana
Addis-Abeba, Éthiopie
Le Cap, Afrique du Sud
Dakar, Sénégal
Dar es Salaam, Tanzanie
Djibouti, Djibouti
Johannesburg, Afrique du Sud
Kampala, Ouganda
Kigali, Rwanda
Kinshasa, Congo
Lagos, Nigéria
Lomé, Togo
Luanda, Angola
Malabo, Guinée équatoriale
Monrovia, Libéria
Nairobi, Kenya
Port-Louis, Maurice
Praia, Cap-Vert
Yaoundé, Cameroun











