Par Boris Mawuena
Cette progression montre les effets des nombreuses réformes engagées par l’administration fiscale depuis plusieurs années. En moyenne, les recettes ont augmenté de 15,4% par an sur la période. Rien qu’en 2025, elles ont progressé de 16,61% par rapport à 2024, soit près de 192 milliards de francs Cfa supplémentaires.
Pour les autorités fiscales, ces résultats sont liés à la modernisation de l’administration, à l’amélioration du contrôle fiscal et à la digitalisation des procédures. L’objectif est de mieux mobiliser les ressources internes de l’État afin de financer le développement du pays.
La Taxe sur la Valeur Ajoutée (TVA) reste la principale source de recettes fiscales au Bénin. Elle est suivie par l’impôt sur les sociétés et l’impôt sur le revenu des personnes physiques. Cette diversification permet à l’État de réduire progressivement sa dépendance à quelques types d’impôts.
Depuis plusieurs années, la DGI a engagé une profonde transformation de son fonctionnement. De nouvelles directions départementales ont été créées, les centres des impôts ont été renforcés et un Service des restes à recouvrer a été mis en place pour améliorer le recouvrement des taxes.
Le Plan d’orientation stratégique de l’administration fiscale 2023-2027 vise à faire de la DGI une administration moderne et plus proche des usagers. Selon le directeur général des Impôts, Nicolas Yenoussi, récemment nommé ministre, les contribuables sont désormais placés au centre des réformes.
La digitalisation joue un rôle important dans cette transformation. Aujourd’hui, plusieurs procédures fiscales peuvent être effectuées en ligne. Les entreprises peuvent déclarer et payer leurs impôts à distance. L’enregistrement des actes, le dépôt des états financiers et l’immatriculation fiscale sont également dématérialisés.
L’introduction des Machines Electroniques Certifiées de Facturation (MECEF) et des factures normalisées a aussi permis de mieux suivre les opérations commerciales et de réduire les risques de fraude et de corruption.
Les réformes semblent également améliorer la confiance des contribuables envers l’administration fiscale. Une enquête réalisée en 2025 auprès de 986 entreprises montre que 95,8% des personnes interrogées ont une bonne perception des services de la Dgi, contre 86% en 2021.
Les meilleurs résultats concernent surtout les services numériques, notamment les déclarations en ligne et l’immatriculation fiscale digitale. Selon la DGI, la digitalisation réduit les contacts directs entre agents et contribuables et améliore la transparence.
Le contrôle fiscal a aussi été renforcé. En 2025, plus de 3.800 contrôles ont été réalisés auprès des grandes et moyennes entreprises. Les autorités expliquent ces performances par une meilleure utilisation des données et des outils d’analyse des risques.
Malgré les progrès enregistrés, plusieurs défis demeurent. Une grande partie du secteur informel échappe encore à l’impôt. Le taux de couverture du contrôle fiscal reste également faible pour certaines entreprises.
Par ailleurs, le niveau global de pression fiscale au Bénin reste inférieur à la norme de 20% fixée par l’UEMOA. Il avoisine actuellement 13,9% du Produit Intérieur Brut (PIB). Toutefois, les études régionales montrent que le Bénin fait partie des pays africains ayant enregistré les progrès les plus rapides dans la mobilisation des recettes fiscales ces dernières années.












