Par Assou AFANGLO
À Abidjan-Cocody, la signature de la Décision finale d'Investissement (DFI) par le consortium ENI-PETROCI-VITOL donne une autre tournure au projet. La cérémonie de signature a été présidée par le ministre des Mines, du Pétrole et de l’Énergie, Mamadou Sangafowa-Coulibaly.
«Aujourd’hui, la phase 3 permettra, non seulement d’accroître significativement notre production nationale de pétrole et de gaz, mais également de consolider notre sécurité énergétique, de soutenir durablement la croissance économique et de renforcer la compétitivité de notre économie», a indiqué Mamadou Sangafowa-Coulibaly. Elle contribuera également, a-t-il poursuivi, à sécuriser l’approvisionnement en gaz destiné à la production d’électricité, élément essentiel pour accompagner l’industrialisation du pays et répondre aux besoins croissants des ménages et des entreprises.
Comme l'a rappelé le ministre, le gisement Baleine a des ressources estimées à 2,5 milliards de barils de pétrole brut et 3,3 trillions de pieds cubes de gaz naturel. Il est jusqu'à ce jour la plus importante découverte d’hydrocarbures jamais réalisée en Côte d’Ivoire. « L’exploitation du gisement Baleine nécessite un investissement global de 8 milliards de dollars, dont 4,5 milliards de dollars déjà engagés pour les deux premières phases et 4 milliards de dollars pour cette troisième et dernière phase», a-t-il ajouté.
L'exploitation ayant démarré en août 2023 s'organise en plusieurs phases, avec pour objectif d'atteindre une production de près de 150.000 à 200.000 barils par jour à l'horizon 2027. Pendant ce temps, une production gazière de 200 millions de pieds cubes de gaz par jour est attendue pendant au moins douze ans, afin de soutenir durablement la production d’électricité et le développement industriel.
La Côte d'Ivoire, un pays au potentiel énergétique considérable
Ces dernières années confirment que la Côte d'Ivoire est sur le point de devenir un poumon de l'énergie en Afrique. Les découvertes d’hydrocarbures n’ont cessé de se multiplier. Les gisements majeurs en mer (offshore) comme Baleine et Calao en sont la preuve. Le forage d’évaluation de Calao South, réalisé début février 2026 par PETROCI Holding et la filiale du groupe italien Eni, a révélé que « la totalité des ressources en place mises en évidence dans les blocs CI-501 et CI-205 est évaluée à environ 1,4 milliard de barils équivalent pétrole ».
Selon les données officielles, le pays a extrait 16,1 millions de barils de pétrole brut en 2024, soit environ 44.000 barils par jour. Cette production marque une hausse d’environ 50% par rapport à 2023, portée notamment par la montée en puissance du champ pétrolier Baleine.
En juin 2025, le ministre ivoirien du Pétrole, des Mines et de l’Énergie, Mamadou Sangafowa-Coulibaly, a présenté un nouveau plan directeur de la logistique pétrolière et gazière couvrant la période 2025-2050. Ce programme stratégique prévoit une montée en puissance spectaculaire de la production d’hydrocarbures de la Côte d'Ivoire.
Selon ce plan, la production nationale devrait atteindre 200.000 barils de pétrole brut par jour d’ici 2030, contre environ 60.000 barils quotidiens actuellement. À plus long terme, les autorités ambitionnent d’atteindre au moins 500.000 barils par jour à l’horizon 2035, accompagnés d’une forte hausse de la production de gaz naturel.
Notons que la Côte d'Ivoire dispose de son « Gas Master Plan » lancé avec l'appui de la Banque mondiale. L’enjeu est de structurer l'exploitation des immenses ressources gazières du pays, assurer la sécurité énergétique nationale pour positionner Abidjan comme un pôle énergétique majeur en Afrique de l'Ouest.












