Par Assou AFANGLO
En effet, le secteur des substances précieuses, notamment l’or issu de l’orpaillage et des petites mines, occupe une place stratégique dans l’économie et représente une source importante de devises, de recettes fiscales et de création d’emplois.
En 2025 par exemple, la production aurifère a atteint 75,2 tonnes, en hausse de 4% par rapport à l’année précédente. L’orpaillage et les petites mines ont contribué à hauteur de 7,1 tonnes, soit une progression de 18%, confirmant le poids croissant de ce segment dans la production globale. Ce sous-secteur mobilise environ 500.000 personnes, principalement dans l’économie informelle.
Mais derrière ces performances se cachent d'autres réalités. Les autorités maliennes pointent notamment des écarts importants entre les statistiques nationales et les volumes d’or enregistrés dans les pays de destination, révélant des circuits parallèles.
C'est dans ce contexte que le gouvernement malien a mis en place un instrument opérationnel chargé d’assurer la régulation, la centralisation et la sécurisation de la commercialisation des substances précieuses.
Selon les chiffres du gouvernement, en 2022, le Mali a enregistré une production d’or de 72,227 tonnes, dont 6 tonnes pour l’orpaillage, ayant généré 763 milliards de francs Cfa pour le budget national. Le sous-secteur de l’or contribue au Produit intérieur brut à hauteur de 9,2%.
La réforme annoncée avec la création de l’Office des substances précieuses s’inscrit dans une dynamique plus large amorcée par le Code minier de 2023, qui a renforcé la participation de l’État à 35% dans les projets miniers, ainsi que par la création de la Société de patrimoine minier du Mali (SOPAMIM S.A.), chargée de la gestion des actifs.
Avec ce nouvel Office, le pays affiche clairement sa volonté de reprendre le contrôle d’un secteur important longtemps marqué par l’informel et les fuites de ressources.