Par Assou AFANGLO
Cette volonté entre dans le cadre d'une campagne de constitution de réserves, a expliqué Paul Bleboo, responsable du programme de gestion de l'or de la banque centrale. « Cette fois-ci, nous avons l'intention de négocier 30% de la production annuelle livrée sous forme de lingots », a-t-il précisé.
Un programme datant de 2022
C’est depuis 2022 que le pays a lancé ce programme suite à un accord avec les compagnies pour fournir 20% des productions annuelles à la banque centrale. Lancé initialement pour aider à stabiliser le cedi ghanéen et à reconstituer les réserves de change après une crise économique majeure, le programme d'achat de lingots de la banque centrale est depuis devenu une pierre angulaire de la politique de réserves nationales du pays.
En février 2026, les réserves d'or du Ghana ont atteint 19,2 tonnes, selon les données de la Banque du Ghana. Elles contribuent ainsi à stabiliser le cedi ghanéen et à reconstituer les réserves extérieures alors que l'économie se remet d’une crise inédite.
Un engagement pas toujours respecté
L'an dernier, les compagnies ont livré environ 10 tonnes sur une production déclarée d'environ 100 tonnes, soit environ 10% contre un engagement de 20%, a déclaré Bleboo. La banque centrale vise à accroître les réserves tout en améliorant la traçabilité. GoldBod, en sa qualité de négociant public d'or, jouant le rôle de « contrôleur » pour toutes les exportations. Lorsque les entreprises exportent directement, la banque exige que 30% des expéditions soient conservées en or afin de suivre les volumes.
Le Ghana veut avoir plus de contrôle sur l’or
Le Ghana semble déterminé à approfondir sa stratégie aurifère, alors que de plus en plus de pays africains cherchent à mieux contrôler les ressources stratégiques. À titre d’illustration, le gouvernement ghanéen a refusé de renouveler le bail de la mine de Damang, exploitée par Gold Fields, avant d’en confier le contrôle à la société minière locale Engineers & Planners (E&P).
Selon plusieurs sources locales, la mine d’or de Tarkwa, l’une des plus importantes du pays et toujours exploitée par Gold Fields, pourrait également ne pas voir son bail renouvelé à l’échéance de 2027. Dans ce contexte, l’Institut des affaires économiques (IEA), un groupe de réflexion politique, a appelé les autorités à rejeter la demande de prolongation de 20 ans formulée par Gold Fields Limited pour l’exploitation de la mine de Tarkwa. Une proposition que la Chambre de commerce et d’industrie du Ghana juge « dangereuse » pour l’économie.
A noter que le cours de l’or a connu une envolée inédite entre 2025 et 2026. Porté par les achats des banques centrales, une dette publique massive et l’instabilité géopolitique, l’or a multiplié les records, passant d’environ 2.910 dollars fin 2025 à un pic de 5.080 dollars l’once en janvier 2026.












