Par Boris Mawuena
Portée par la Direction générale des impôts (DGI), cette initiative fait du pays un précurseur en Afrique dans l’appropriation de cette réforme internationale issue du cadre inclusif OCDE/G20, visant à lutter contre l’érosion de la base imposable.
Dans un contexte de mondialisation accrue et de mobilité des capitaux, le Bénin affiche sa volonté d’anticiper les mutations économiques plutôt que de les subir. Ce programme repose sur un partenariat stratégique avec la Direction générale des finances publiques (DGFIP) de la France, illustrant l’importance de la coopération internationale face aux pratiques d’optimisation fiscale des multinationales.
Grâce à cette collaboration, les cadres de la DGI bénéficieront d’un transfert de compétences sur des questions complexes liées à la fiscalité transfrontalière, renforçant ainsi leur capacité à sécuriser les recettes nationales.
Inscrit dans la dynamique de l’IISF 2.0, le programme s’articule autour de quatre axes principaux. Il prévoit d’abord le renforcement des connaissances techniques des agents sur les règles de l’impôt minimum mondial. Il vise ensuite à analyser l’impact des activités des multinationales ainsi que l’efficacité des dispositifs d’incitation fiscale existants. Le troisième volet concerne l’appui à la prise de décision à partir de données fiables et d’analyses approfondies.
Enfin, un accompagnement est prévu pour la mise en place d’un cadre juridique, administratif et opérationnel conforme aux exigences du nouveau système fiscal international.
L’impôt minimum mondial constitue un levier majeur pour limiter les stratégies de transfert de bénéfices vers des juridictions à faible fiscalité. Pour un pays comme le Bénin, l’enjeu est double : préserver ses ressources fiscales tout en maintenant son attractivité auprès des investisseurs. La réussite de cette réforme suppose une maîtrise des règles internationales et une analyse rigoureuse des taux effectifs d’imposition.
Dans cette perspective, le Bénin a bénéficié de l’appui du Forum africain d’administration fiscale (ATAF), dont une mission d’experts s’est tenue à Cotonou en février 2026. En collaboration avec l’APIEx et le ministère de l’Économie et des Finances, ces experts ont évalué les régimes fiscaux en vigueur afin d’en mesurer l’efficacité réelle.