Par Boris Mawuena
C’est ce que révèle le rapport « Perspectives économiques en Afrique 2026 », publié le mardi 26 mai 2026 à Brazzaville à l’occasion des Assemblées annuelles du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD).
En effet, malgré un contexte mondial marqué par les tensions géopolitiques, le durcissement des conditions financières et les perturbations des chaînes d’approvisionnement, le continent continue d’afficher une résilience notable. Selon la BAD, cette performance est soutenue par une meilleure gestion macroéconomique, une production agricole plus dynamique, des cours élevés des matières premières ainsi que la poursuite des réformes structurelles dans plusieurs pays.
Le rapport souligne que l’Afrique demeure l’une des régions les plus dynamiques du monde, avec vingt-deux pays qui devraient enregistrer une croissance supérieure à 5% en 2025. Toutefois, l’institution panafricaine insiste sur la nécessité d’un changement profond dans les mécanismes de financement du développement afin de maintenir une croissance plus forte, inclusive et durable.
Placée sous le thème « Mobiliser des ressources à grande échelle pour le financement du développement de l’Afrique dans un monde fragmenté », cette édition met l’accent sur l’importance du renforcement de la mobilisation des ressources internes, de l’intégration des systèmes financiers africains et du développement des marchés de capitaux.
Sur le plan régional, l’Afrique de l’Est devrait conserver son statut de région la plus dynamique du continent, même si sa croissance ralentirait de 6,6% en 2025 à 5,9% en 2026, en raison notamment de la hausse des coûts énergétiques et des perturbations au Moyen-Orient. L’Afrique de l’Ouest, quant à elle, devrait maintenir une croissance relativement stable à 4,7% grâce aux investissements dans les infrastructures et à la solidité du secteur agricole.
En Afrique du Nord, la croissance devrait reculer à 4,0% en 2026 contre 4,4% l’année précédente, sous l’effet d’un ralentissement du tourisme et des difficultés liées au commerce mondial. L’Afrique centrale enregistrerait une légère amélioration, passant de 3,6% à 3,8%, soutenue par les prix élevés du pétrole. L’Afrique australe resterait la région la moins dynamique avec une croissance attendue de 2,1%.
La BAD avertit néanmoins que plusieurs risques continuent de peser sur les perspectives économiques africaines. L’inflation devrait demeurer élevée à 10,4% en 2026, tandis que les tensions géopolitiques et la volatilité des marchés financiers pourraient accentuer les vulnérabilités budgétaires et l’endettement des États.
Le rapport met également en lumière l’important déficit de financement auquel le continent fait face. Selon la BAD, l’Afrique doit mobiliser plus de 1.300 milliards de dollars par an pour atteindre les Objectifs de développement durable. Cependant, l’institution estime qu’avec des réformes appropriées, le continent pourrait débloquer jusqu’à 1.430 milliards de dollars par an grâce à une meilleure collecte des recettes, une gestion plus efficace des investissements publics et le développement des partenariats public-privé.
Enfin, la BAD plaide pour un renforcement des systèmes financiers africains à travers les banques panafricaines, l’intégration des marchés de capitaux et des instruments innovants comme la finance climatique et la finance islamique, afin d’accroître l’autonomie financière du continent.












