Par Claudia Kenou
Réuni en Conseil des ministres le mercredi 2 juillet 2025, l’exécutif a entériné la Stratégie nationale de Promotion et de Développement des Petites et Moyennes Entreprises (PME) 2025-2029, en prolongement direct de la politique décennale adoptée le 28 mai dernier. Derrière cette décision, se dessine une volonté ferme. Eriger les PME en moteur de croissance endogène, de transformation structurelle et d’emplois durables.
Ce nouveau cadre stratégique opère un recentrage lucide sur les enjeux systémiques qui freinent encore l’essor du segment entrepreneurial le plus vital de l’économie béninoise. La stratégie entend lever les goulots d’étranglement institutionnels, financiers, techniques et infrastructurels qui fragilisent les acteurs économiques de petite et moyenne envergure. Elle pose les fondements d’un écosystème favorable, adossé à une gouvernance coordonnée et à des instruments d’intervention ajustés aux réalités du terrain. L’ambition est d’autant plus claire qu’elle s’appuie sur un plan d’actions rigoureusement balisé, garant d’un suivi méthodique et d’un pilotage à haute intensité.
Au cœur de ce dispositif, l'État se positionne comme catalyseur et régulateur, sans se substituer à l’initiative privée. La stratégie prend le parti de l’efficience: une meilleure articulation des dispositifs existants, une orientation stratégique des financements, une montée en compétences ciblée des entrepreneurs et surtout une intégration plus assumée des PME dans les chaînes de valeur nationales, régionales et internationales. Elle met également l’accent sur la capacité d’adaptation du tissu entrepreneurial face aux transformations socio-économiques en cours, qu’il s’agisse de transition numérique, de durabilité ou d’insertion dans des marchés plus exigeants.
La mise en œuvre de cette stratégie a été confiée au ministre des Petites et Moyennes Entreprises et de la Promotion de l’Emploi, qui agira en synergie avec l’ensemble des ministères sectoriels impliqués. Ce pilotage transversal reflète une approche nouvelle de la politique publique en matière de développement économique: sortir d’une logique cloisonnée pour instaurer une dynamique systémique, alignée sur les ambitions macroéconomiques du pays. Dans un environnement où l’agilité économique devient synonyme de souveraineté, le Bénin opte ainsi pour une approche fine et résolue. Plus qu’un simple outil d’accompagnement, cette stratégie incarne une vision; celle d’un pays qui investit dans son capital entrepreneurial comme levier de compétitivité, de justice sociale et de prospérité partagée.
Fortuné Dotin