Par Assou AFANGLO
La création de la Société « Teloua Safeguarding Uranium Mining Company », en abrégé TSUMCO SA marque une rupture officielle avec le français Orano. Selon le gouvernement, elle vient prendre la place de la Société des Mines de l’Air récemment nationalisée (SOMAÏR SA). Le patrimoine de cette dernière a été transféré à l’Etat et donc à la Société TSUMCO SA.
En effet, la dénomination "Teloua" fait référence « à cette nappe aquifère souterraine sur laquelle se trouvent les installations de la mine COMINAK exploitée par Orano/Areva de 1978 à 2021, avec des impacts dramatiques sur les sols, les eaux, la biodiversité et les écosystèmes sahariens autour d’Arlit », selon le communiqué du conseil des ministres. Une dénomination prise « par devoir de mémoire pour les générations présentes et futures et par engagement résolu à poursuivre en justice les auteurs de cette entreprise criminelle ».
Une période de brouille
La relation entre l’Etat nigérien et Orano s’est progressivement détériorée au fil du temps. Une brouille diplomatique est venue mettre en cause un partenariat de longue date. Car c’est depuis près de 50 ans que l’uranium nigérien a commencé à être exploité par la société française Areva, devenue Orano, à travers ses deux filiales que sont la Société minière de l’Aïr (SOMAÏR) et la Compagnie minière d’Akouta (COMINAK).
Cette dernière a fermé ses portes le 31 mars 2021 suite à l’épuisement de ses gisements. Ce n’est qu’en juin 2024 que les autorités nigériennes ont retiré le permis d’exploitation de l’uranium à l’opérateur Orano suivi de la nationalisation de la SOMAÏR en fin décembre de la même année.
Bras de fer et un peu de dégel
Dans ce contexte, Orano s’est engagé dans un bras de fer juridique et diplomatique contre l'État du Niger. Face au retrait de ses permis d'exploitation et à la nationalisation de ses actifs miniers (dont la SOMAÏR), le groupe français a déposé plusieurs requêtes d'arbitrage international auprès du Centre International pour le Règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI). Conséquence directe : un peu plus de 1.800 tonnes de concentré d’uranium d’une valeur d’environ 380 millions de dollars que le Niger comptait vendre sur le marché international ont été bloquées.
Pour apaiser les tensions, le Niger a proposé en février 2026, de restituer la part légitime d'Orano (63,4 %) sur un stock de 156 tonnes de concentré d'uranium (yellowcake). Ce stock spécifique a été extrait et entreposé sur le site de la SOMAÏR à Arlit avant la nationalisation de la mine. À présent, le dossier prend une autre tournure et mérite d’être suivi de près.












