Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a nommé, le 1er juin 2026, un gouvernement de 30 membres placé sous la direction d’Ahmadou Al Aminou Lô. Cette nomination intervient douze jours après le limogeage d’Ousmane Sonko du poste de Premier ministre, dans un contexte de tensions persistantes au sommet de l’État.
Un Parlement aux mains de l’ancien Premier ministre
Quatre jours après son éviction de la Primature, Ousmane Sonko a été porté à la tête de l’Assemblée nationale, le 26 mai 2026, avec 132 voix sur 165. Son parti, le Pastef, dispose de la majorité au Parlement depuis les législatives de novembre 2024. Dans son discours d’installation, Sonko a évoqué publiquement des désaccords avec le nouveau Premier ministre sur les questions monétaires et de la dette, précisant que son parti n’avait pas été associé à cette décision.
Le Pastef absent du gouvernement, mais présent dans ses rangs
Le 1er juin, le Pastef a publié un communiqué annonçant sa non-participation au nouveau gouvernement, invoquant des désaccords sur la structuration de l’exécutif. Des propositions transmises par le parti à la présidence n’auraient pas été retenues. Malgré cette position, plusieurs personnalités identifiées comme proches du mouvement figurent dans la liste des 30 ministres. Le Pastef a depuis annoncé envisager des sanctions à l’encontre de ces membres.
La dette publique, enjeu central du bras de fer
Le nouveau Premier ministre, Al Aminou Lô, est un ancien cadre chargé du pilotage du plan national « Sénégal 2050 ». Le budget 2026 affiche un déficit de 5,37 % du PIB, avec des besoins de financement estimés à 6 075 milliards de francs CFA. La dette publique dépasse le seuil communautaire de l'UEMOA fixé à 70 % du PIB. Aucun accord avec le FMI n’a été conclu à ce jour.Sonko dispose désormais d’une position institutionnelle depuis laquelle il peut peser sur tout texte budgétaire soumis au vote de l’Assemblée.










