Par Claudia Kenou
La libre circulation des personnes et des biens est perçue par les Béninois comme une condition essentielle pour l’intégration régionale et le développement économique. C’est ce que révèle la dernière enquête Afrobaromètre.
Selon l’enquête, 74% des Béninois estiment que les citoyens d’Afrique de l’Ouest devraient pouvoir franchir librement les frontières pour travailler ou commercer. Cette adhésion traduit un réel désir d’intégration régionale et de mobilité économique. Cependant, dans la réalité, 80% des répondants jugent qu’il est encore difficile ou très difficile de circuler entre pays voisins. Les principaux obstacles sont les formalités administratives lourdes, les tracasseries douanières, le manque d’infrastructures efficaces aux frontières.
Un soutien large au commerce international
Au-delà de la mobilité humaine, 83% des Béninois souhaitent que le gouvernement renforce la coopération économique avec d’autres pays. Fait notable, 70% se disent favorables à une ouverture vers le monde entier et non limitée à l’Afrique ou à l’Afrique de l’Ouest, ce qui montre une conscience accrue des interdépendances économiques mondiales. Ce positionnement reflète les attentes des citoyens en matière de création d’emplois et de croissance économique à travers des politiques commerciales ambitieuses.
ZLECAf : Une initiative méconnue
Malgré l’importance accordée au commerce régional, la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) reste largement inconnue. Seulement 8% des Béninois en ont entendu parler. Même chez les plus instruits, ce taux ne dépasse pas 12%. Les experts appellent donc à renforcer la sensibilisation autour de cette initiative, pour en faire un véritable outil de développement compris par tous.
Une volonté politique appuyée par la population
Les résultats d’Afrobaromètre viennent soutenir la politique du gouvernement, qui a fait de l’intégration régionale une priorité du Programme d’Actions du Gouvernement (PAG). Le Bénin a investi massivement dans les infrastructures routières et portuaires, pour se positionner comme un carrefour commercial de l’Afrique de l’Ouest. La population partage cette vision: une ouverture accrue est perçue comme une opportunité d’accès aux marchés, de création d’emplois et d’amélioration du quotidien, notamment dans un contexte de chômage élevé chez les jeunes.
Des obstacles à lever pour une intégration réussie
Malgré cette volonté populaire et politique, plusieurs défis subsistent. Il s’agit des lenteurs administratives, des tracasseries aux frontières, la méfiance persistante entre États et la faible connaissance des initiatives panafricaines comme la ZLECAf. Pour répondre aux attentes des citoyens, l’État devra poursuivre les réformes, simplifier les procédures frontalières et mieux informer la population.