Par Claudia Kenou
Alors que ses prédécesseurs excellaient souvent dans les limogeages et changements tous azimuts de leurs collaborateurs, Patrice Talon depuis son arrivée à la tête du Bénin, a considérablement pris le contrepied de cette tendance. Un choix politique fort qui détermine, depuis près de dix ans, la performance de son équipe.
Longtemps habitués à une instabilité certaine à la tête des différents postes nominatifs et de décision, les gouvernements successifs depuis l’ère du renouveau démocratique n’ont pas fait de la dentelle en la matière. Le cas le plus frappant est celui de l’ancien Chef de l’État Boni Yayi sous qui, Ministres, Directeurs généraux et cadres à des postes stratégiques sont nommés et aussitôt limogés. Si cette manière de procéder était perçue comme un échec dans le choix des hommes, beaucoup de personnalités et de voix averties ont toujours alerté sur le danger que cela constituait, pour une stabilité politique inouïe, gage d’une gouvernance avisée. N’étant toujours pas parvenu à trouver une formule adéquate à cette politique, il a fallu la venue de Patrice Talon pour que les choses soient revues dans ce sens.
Depuis 2016, cette option a laissé place à une politique de gouvernance basée sur des choix plus stratégiques et technocrates. D’une administration à un gouvernement très politique, l’ancien magnat du coton a renversé totalement la donne. Depuis son arrivée, les béninois observent une gouvernance marquée par une attention particulière au choix de ses collaborateurs et à la stabilité de son gouvernement. Cette approche se traduit par plusieurs éléments clés. Patrice Talon, comme l’indiquent les constatations, privilégie des Ministres et conseillers dotés de compétences avérées. Le Chef de l’État a opté pour une certaine stabilité gouvernementale, évitant ainsi les rotations fréquentes des membres. De plus, l'homme a engagé des réformes structurantes dans plusieurs secteurs tels que l'économie, l'éducation, la santé et les infrastructures. Ceci, tout en insistant sur l'importance d'une gestion efficace et transparente.
Même à quelques mois des échéances électorales, les questions sur le développement sont prioritairement choyées sur celles politiques. L’administration, loin d’être délaissée comme par le passé en ces périodes, est toujours au travail. Tout montre que la stabilité et le choix judicieux des collaborateurs s'inscrivent dans une vision à long terme, où chaque membre du gouvernement est appelé à œuvrer pour un développement durable et inclusif. Une vision par laquelle le chantre de la Rupture et du nouveau départ se distingue ardemment.