Par Assou AFANGLO
« Le Niger, digne, met sur le marché international sa propre production », a déclaré le président de la transition, le général Abdourahamane Tiani. Le président revendique ouvertement le droit légitime du Niger de disposer de ses richesses naturelles, de les vendre à qui souhaite acheter, dans les règles du marché, en toute indépendance.
Avant cette annonce, plusieurs sources avaient fait état d’un convoi transportant 1.000 tonnes d’uranium de la localité d’Arlit au Port autonome de Lomé, en passant par le Burkina Faso. La cargaison appartiendrait à la Somaïr, détenue auparavant à 63,4% par Orano et à 36,6% par l’État du Niger. Le gouvernement nigérien n’a pas réagi avant son annonce de vente d’uranium.
Les autorités nigériennes tentent de diversifier leurs partenariats. Elles n’ont jamais caché leur volonté de se tourner vers de nouveaux partenaires, comme l’Iran ou la Russie. En juillet 2025, au cours d’une visite au Niger du ministre de l'Énergie russe, Sergueï Tsiviliov, le groupe russe Rosatom et le ministère de l'Énergie nigérien ont signé un mémorandum de compréhension mutuelle sur la coopération dans le domaine du nucléaire civil. La Russie s’est donc montrée disponible à exploiter l’uranium. Le Niger fournit 4,7% de la production mondiale d’uranium naturel, selon des chiffres de 2021 de l’agence d’approvisionnement d’Euratom (ESA).