Par Mountaga Diallo
La rencontre avec son homologue guinéen, Amadou Oury Bah, a principalement porté sur l’interconnexion ferroviaire, les corridors commerciaux et la stabilité logistique du Mali, fortement impactée par la crise du carburant.
Pays enclavé, le Mali dépend largement des corridors portuaires voisins pour ses importations stratégiques. Conakry représente l’un de ses accès les plus importants vers l’océan Atlantique.
Le Premier ministre guinéen a rappelé que son pays demeure engagé à garantir cette ouverture maritime, qu’il qualifie « d’obligation morale », mais aussi d’élément structurant pour les échanges commerciaux régionaux.
D’un point de vue économique, cet engagement guinéen contribue à sécuriser les flux logistiques maliens, notamment pour les produits pétroliers, les denrées alimentaires et les intrants industriels, tout en consolidant le port de Conakry comme un hub d’importance croissante en Afrique de l’Ouest.
Les deux gouvernements ont convenu de réactiver leurs sous-commissions mixtes afin d’accélérer plusieurs projets clés, dont :
• l’interconnexion ferroviaire Guinée-Mali, un chantier stratégique destiné à réduire les coûts de transport et à améliorer la circulation des marchandises ;
• l’opérationnalisation de nouveaux corridors de transit, qui devrait renforcer la compétitivité du commerce sous-régional.
Ces infrastructures, lorsqu’elles seront opérationnelles, pourraient constituer un levier non seulement pour les économies guinéenne et malienne, mais aussi en matière de flux commerciaux et d’intégration logistique régionale.
Confronté à une pénurie de carburant aggravée par les attaques contre ses infrastructures, le Mali cherche des garanties d’approvisionnement auprès de ses partenaires.
Interrogé sur un éventuel soutien direct de Conakry, le Premier ministre guinéen a évité tout engagement public, évoquant « des questions techniques qui appellent des réponses concrètes, sans publicité ».
Pour les acteurs économiques, cette réserve souligne à la fois :
• la sensibilité du marché pétrolier dans la sous-région,
• et la nécessité, pour les États, de coordonner leurs réponses loin de la pression médiatique.
Bien que la rencontre ait touché aux questions sécuritaires, Conakry a insisté sur la discrétion opérationnelle. La stabilité du Mali reste toutefois un élément indispensable à la fluidité des routes commerciales qui desservent toute l’Afrique de l’Ouest.
Le Premier ministre malien a rappelé que son pays mène une lutte qui vise également à prévenir la propagation de l’insécurité vers les pays côtiers, dont la Guinée.
Cette visite, brève, mais dense, réaffirme l’importance du couple Guinée-Mali dans la dynamique économique régionale.
Alors que la sous-région fait face à des tensions logistiques et énergétiques récurrentes, la Guinée apparaît comme un partenaire incontournable pour Bamako, notamment dans l’accès aux marchés internationaux et la sécurisation des approvisionnements.