Par Boris Mawuena
À l’occasion de la cérémonie d’ouverture, le président du Conseil des ministres, Aboubacar Nacanabo, a dressé un état des lieux encourageant de la situation économique de l’Union, tout en appelant à la vigilance face aux risques persistants.
Dès l’ouverture des travaux, le président du Conseil a annoncé une progression du produit intérieur brut (PIB) réel de l’Union de 6,6% au troisième trimestre 2025, après 6,5% au trimestre précédent. Cette performance est portée par la consommation des ménages, les investissements publics et privés, ainsi que les bons résultats de la campagne agricole.
Sur le front des prix, le taux d’inflation en glissement annuel s’est établi à –1,3% au troisième trimestre, contre 0,3% précédemment. En moyenne annuelle, l’inflation est projetée à 0% en 2025, contre 3,5% en 2024, traduisant un net retour à la stabilité monétaire.
Les finances publiques affichent également une trajectoire d’assainissement. Le déficit budgétaire global devrait se réduire de 5,4% du PIB en 2024 à 3,9% en 2025, puis 3,3% en 2026, conformément aux objectifs de convergence communautaire.
L’année 2025 est aussi marquée par une amélioration des échanges extérieurs au sein de l’Union. Cette évolution repose principalement sur la hausse des exportations d’or, de cacao et de produits pétroliers, des résultats dont le président du Conseil des ministres s’est félicité, tout en rappelant la nécessité de consolider ces acquis.
Des défis persistants malgré les signaux positifs
Malgré ces indicateurs encourageants, le Conseil des ministres a reconnu la persistance de défis majeurs. Il s’agit notamment de l’insécurité régionale, des tensions géopolitiques, des effets du changement climatique et d’une pression sociale croissante au sein des États membres.
Face à ces risques, Aboubacar Nacanabo a lancé un appel à la responsabilité collective : « Nous n’avons pas le droit de relâcher nos efforts. Le risque demeure. Tensions géopolitiques, défis sécuritaires, changements climatiques, exigences sociales. C’est maintenant que notre Union doit faire preuve d’audace dans les réformes, de solidarité entre États et de discipline dans nos politiques publiques ».
Pour faire face à ces enjeux, le président du Conseil a identifié trois leviers stratégiques pour renforcer la résilience économique de l’UEMOA l’audace dans les réformes structurelles, la solidarité entre les États membres, la discipline dans la conduite des politiques publiques.
2026, une année décisive pour l’intégration régionale
Les travaux de cette quatrième session portent notamment sur l’analyse de la situation économique et monétaire, les perspectives financières et budgétaires pour 2026, les décisions relatives au budget communautaire, ainsi que plusieurs dossiers liés à la gouvernance institutionnelle.
À travers ces échanges, l’UEMOA entend accélérer le processus d’intégration régionale, consolider la convergence macroéconomique et améliorer durablement l’environnement des affaires.
Aboubacar Nacanabo a insisté sur la nécessité d’un changement de rythme. « L’Union a démontré qu’elle sait réussir. Désormais, elle doit accélérer, innover et oser davantage pour offrir à nos peuples stabilité, prospérité et espoir partagé », a-t-il laissé entendre.