Par Mountaga Diallo
D’emblée, le responsable qualifie Simandou d' « opportunité unique », non seulement pour la Guinée, mais également pour le continent africain. Selon lui, la vision portée par le président de la République, le général Mamadi Doumbouya, repose sur trois piliers : le social, l’économique et le politique, avec une place centrale accordée à la dimension économique.
Sur ce point, Djiba Diakité affirme que Simandou constitue « un instrument stratégique pour amorcer un processus réel et durable de développement économique de la Guinée ». L’objectif est de rompre avec un modèle fondé exclusivement sur l’exportation brute des ressources naturelles pour engager une transformation structurelle de l’économie nationale.
Le projet s’articule autour de quatre composantes principales. La première concerne l’exploitation minière, avec les blocs 1 et 2 confiés au Winning Consortium et à son partenaire stratégique BAO, tandis que les blocs 3 et 4 sont attribués à Rio Tinto et Chinalco. La deuxième composante porte sur les infrastructures ferroviaires, avec la construction de plus de 650 kilomètres de rails.
La troisième est relative aux infrastructures portuaires, destinées à assurer l’exportation du minerai, mais également le transport de marchandises et de passagers. Enfin, la quatrième composante concerne la transformation locale du minerai, notamment à travers la mise en place d’une aciérie.
Djiba Diakité met en avant le principe de codéveloppement comme fondement du montage économique du projet. « Il s’agit de mutualiser les coûts et les risques, tout en garantissant l’interdépendance des intérêts asiatiques, occidentaux et surtout guinéens », explique-t-il.
C’est dans ce cadre qu’a été créée la Compagnie du Transguinéen, entité chargée des infrastructures, au sein de laquelle l’État guinéen détient désormais « au moins 15% de participation », une évolution qualifiée d’historique par les autorités.
Le responsable souligne également les exigences imposées en matière de gouvernance et d’environnement. « Nous avons imposé des normes ESG de très haut niveau, car la dimension environnementale est une priorité absolue », affirme-t-il, précisant que la présidence du conseil d’administration de la Compagnie du Transguinéen est confiée à un Guinéen, tout comme le poste de directeur général adjoint.
Sur le plan financier, Simandou est estimé à près de 20 milliards de dollars américains. Djiba Diakité indique que le projet est aujourd’hui « entièrement dérisqué », les principaux closings financiers ayant été finalisés et les travaux étant effectivement engagés sur le terrain. Un guichet unique Simandou a été mis en place afin de centraliser les démarches administratives et faciliter les opérations des partenaires industriels.
« Là où Simandou était autrefois fragmenté en deux projets distincts, il constitue désormais un seul projet intégré, régi par une seule convention et porté par une seule entité », insiste-t-il. Désormais, toutes les infrastructures : rails, ports et aciérie, relèvent de la Compagnie du Transguinéen, tandis que les partenaires se concentrent exclusivement sur l’exploitation minière.
Avec des réserves estimées à près de 8 milliards de tonnes de minerai de fer, affichant une teneur supérieure à 65%, Simandou figure parmi les plus importants gisements mondiaux. Pour Djiba Diakité, ce projet est appelé à repositionner durablement la Guinée dans les chaînes de valeur minières internationales et à constituer un moteur majeur de croissance économique à long terme.