Par Boris Mawuena
Au cœur des échanges : les instruments de fiscalité verte et les stratégies de mobilisation des ressources internes destinées à soutenir la transition climatique. Initiée par la Fondation pour le renforcement des capacités en Afrique (ACBF), en partenariat avec le Forum des administrations fiscales de l’Afrique de l’Ouest (FAFAO), cette session de cinq jours constitue un cadre technique de réflexion et de partage d’expériences sur les mécanismes permettant d’orienter les ressources nationales vers les priorités environnementales.
Autour de la table, des experts venus du Togo, de la Gambie, du Rwanda, de Djibouti, de l’Ouganda, de la Mauritanie, de la République démocratique du Congo et de la République centrafricaine.
Leur ambition : consolider leurs compétences en matière de conception, de mise en œuvre et d’évaluation des politiques fiscales intégrant les impératifs climatiques. Les travaux portent sur l’exploration des outils de fiscalité verte, l’analyse d’expériences africaines et internationales, ainsi que l’identification de réformes adaptées aux réalités nationales. Les participants se penchent également sur des instruments pratiques destinés à faciliter l’élaboration et le pilotage de ces politiques publiques.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre du projet CADAST, porté par l’ACBF en collaboration avec la Banque africaine de développement (BAD). Le programme vise à accompagner les États africains dans l’intégration des enjeux climatiques au sein de leurs politiques macroéconomiques.
Selon Peguewinde Rodolphe Bance, chef de l’unité gouvernance économique et sociale de l’ACBF, la rencontre de Lomé fait suite aux conclusions d’une étude analytique menée par l’institution sur les défis liés aux politiques fiscales en Afrique.
Cette analyse met en évidence des capacités techniques encore insuffisantes pour élaborer des instruments fiscaux verts performants, des contraintes liées à l’administration et à la conformité fiscale, ainsi que des lacunes en matière de données et d’outils d’analyse. Elle insiste également sur la nécessité d’une meilleure articulation entre politiques fiscales, climatiques et budgétaires.
Une pression budgétaire croissante
Pour Mawussé Adetou Afidenyigba, directrice de cabinet du ministère de l’Économie et des Finances du Togo, cette rencontre intervient à un tournant crucial pour les États africains. « Les changements climatiques ne constituent plus une menace potentielle ou lointaine ; ils sont désormais une réalité économique et budgétaire majeure pour nos pays », a-t-elle déclaré.
Face à cette pression grandissante, le Togo a déjà engagé plusieurs réformes visant à optimiser la mobilisation des ressources nationales, à renforcer l’efficacité et l’équité du système fiscal, et à aligner les politiques publiques sur les objectifs de développement durable et de résilience climatique. Les échanges de Lomé devraient ainsi contribuer à jeter les bases d’une fiscalité plus écologique et mieux structurée, capable de concilier soutenabilité budgétaire et transition environnementale au sein des économies africaines.