Par Assou AFANGLO
Grâce à cette mesure, Dangote Cement réduit la participation directe du groupe de 99,99% à 89,99%, faisant de l'État un actionnaire minoritaire de l'un des actifs industriels les plus stratégiques du Sénégal. L'État aura ainsi un regard particulier sur ce secteur stratégique pour l’économie nationale.
Étape difficile mais cruciale
Cette acquisition intervient à un moment difficile mais crucial pour la filiale. Son chiffre d'affaires a chuté brutalement, passant de 192,2 milliards de nairas en 2024 à 151 milliards de nairas en 2025.
Selon les données publiées par le groupe, ce recul s'explique principalement par une baisse de 19,8% des volumes de ventes, qui ont totalisé 1,2 million de tonnes pour l'année 2025, ce qui met en évidence des conditions de marché plus difficiles et des pressions opérationnelles sur l'usine de Dakar.
Pour Dangote Cement, cette transaction consolide sa présence institutionnelle en Afrique de l'Ouest. Cette initiative entre aussi dans la stratégie du groupe visant à renforcer ses opérations locales tout en s'adaptant aux fluctuations de la demande. Au Nigeria par exemple, le groupe a annoncé quelques jours plus tôt l'ouverture de son capital aux investisseurs locaux.
Située à environ 60 kilomètres de Dakar, l’usine de Pout, exploitée par Dangote Cement, constitue l’une des principales infrastructures industrielles du secteur cimentier au Sénégal. Mise en service à la fin du mois de décembre 2014, cette unité de production dispose d’une capacité annuelle de 1,5 million de tonnes de ciment.