Par Claudia Kenou
En 2024, le Bénin s’est imposé comme l’un des pays les plus dynamiques en matière de réformes économiques en Afrique subsaharienne. Porté par une volonté de modernisation, le pays a lancé plusieurs chantiers majeurs: digitalisation des services publics, modernisation du système fiscal et sécurisation foncière. Des efforts salués par la Banque Mondiale dans son rapport 2025 sur les politiques et institutions en Afrique.
Dans un contexte économique encore fragile, marqué par une faible croissance des investissements, plusieurs pays africains ont néanmoins engagé des réformes de fond. Aux côtés du Rwanda, du Kenya et de Madagascar, le Bénin figure parmi les bons élèves du continent. Selon la Banque Mondiale, trois domaines principaux concentrent les progrès: la digitalisation de l’administration, la modernisation fiscale et le renforcement du droit de la concurrence. Le Bénin s’illustre particulièrement sur le volet numérique. Des plateformes digitales ont été déployées pour simplifier les démarches telles que l’obtention de permis de construire ou le raccordement aux services publics. Le processus de création d’entreprise a été largement facilité grâce à l’enregistrement en ligne, réduisant les délais et incitant davantage d’entrepreneurs à se lancer.
Des réformes fiscales de grande ampleur
En matière de fiscalité, le Bénin a entamé une transformation en profondeur de son administration. L’objectif: s’aligner sur les standards internationaux et améliorer la transparence. Tandis que certains pays comme la Côte d’Ivoire et le Sénégal ont mis en place une TVA sur les services numériques, le Bénin s’est concentré sur la simplification de ses procédures fiscales et l’amélioration de la relation entre l’administration et les contribuables. Dans le cadre régional, le pays a également contribué à la révision de l’Acte uniforme de l’OHADA sur les procédures de recouvrement, facilitant ainsi l’entrée et la sortie des entreprises du marché.
Le défi foncier et les limites persistantes
Malgré ces avancées, des défis importants subsistent. L’un des plus critiques reste l’accès à des terres sécurisées, notamment pour les femmes et les petites entreprises. Pour y remédier, le Bénin a lancé une numérisation des titres fonciers dans plusieurs municipalités, une réforme également engagée par le Burundi et la Zambie. Autre défi majeur: la réforme des entreprises publiques. Si des pays comme l’Éthiopie ont instauré de nouvelles lois pour assurer plus de transparence, la région dans son ensemble doit encore progresser. Le marché du travail reste également en chantier, malgré des efforts constatés au Mozambique, à Madagascar ou au Ghana pour moderniser la législation.
Les indicateurs du rapport de la Banque Mondiale montrent que des efforts sont encore nécessaires: Note moyenne pour la concurrence sur le marché: 39,5/100 - pour les régimes d’insolvabilité: 48,38/100 et pour la fiscalité: 52,42/100. Cependant, la note globale de 62,18/100 pour les réglementations dans la région confirme des progrès tangibles. En somme, le Bénin affiche une réelle volonté de transformation pour améliorer son climat des affaires. Les réformes sont là, ambitieuses et visibles. Le véritable enjeu reste désormais de traduire ces évolutions réglementaires en résultats concrets pour les entreprises locales et les investisseurs étrangers.