Par Claudia Kenou
Le Centre d’Arbitrage, de Médiation et de Conciliation du Bénin (CAMeC-Bénin) a clos, le 8 août 2025, sa session de formation consacrée à la médiation. Démarré le 4 août, ce cycle intensif a réuni 36 arbitres et 33 médiateurs nouvellement agréés, avec pour objectif d’élever le niveau de compétence nationale afin de hisser l’arbitrage et la médiation béninois aux standards internationaux et en faire un levier de compétitivité économique.
Après trois jours dédiés à l’arbitrage sous la direction du professeur Gaston Kenfack, figure majeure du droit des affaires OHADA, la session finale sur la médiation, les 7 et 8 août, a été animée par le Dr Karel Dogue, directeur général de l’École régionale supérieure de la magistrature (ERSUMA). En deux journées denses, les participants ont perfectionné leur maîtrise de l’ouverture d’une médiation à la formalisation d’accords équilibrés, rapides et économiquement viables.
La secrétaire permanente du CAMeC, Sidonie Houndonougbo, a salué la mobilisation des participants: «On dirait que les deux jours de la médiation équivalent véritablement aux trois jours passés pour l’arbitrage. Nous comptons sur cet engagement pour soutenir et accompagner le CAMeC dans la promotion des MARL, surtout de la médiation». Pour le Dr Karel Dogue, cette promotion illustre un tournant qualitatif: «Nous avons eu des médiateurs aguerris, certifiés, qui ont partagé leur expertise. Les échanges d’une rare précision ont permis d’aller dans les méandres mêmes de la pratique. Cette sélection est qualitative tant par la diversité des profils que par la maîtrise technique acquise». Il souhaite que la nouvelle mandature consacre le CAMeC comme centre d’excellence continental.
En clôturant la formation, le président Alain Amoussoukpevi a insisté sur les fondamentaux: «Confidentialité, célérité, efficacité et fidélité: telles doivent être vos lignes directrices. Vous êtes désormais ambassadeurs du CAMeC et prescripteurs des Modes Alternatifs de Règlement des Litiges». Reconnaissant que «les fruits n’ont pas encore atteint la promesse des fleurs», il voit néanmoins dans ces cinq jours, le signe d’une dynamique irréversible.
Les témoignages confirment cette ambition. Pour Evelyne Quenum, juriste, «la médiation est un instrument majeur pour régler rapidement les litiges et préserver la coopération entre entreprises». Ibrahim Bello, juriste d’entreprise, y voit un tremplin «pour hisser le CAMeC au niveau régional». La remise solennelle des attestations a scellé l’entrée de ces nouveaux professionnels dans un cercle restreint. Celui d’un Bénin qui entend faire du règlement amiable non plus une alternative, mais un atout stratégique pour l’attractivité et la performance de son économie.
Fortuné Dotin