Par Claudia Kenou
Le Bénin s’engage sur une trajectoire économique prometteuse. Malgré un contexte international incertain, la croissance devrait rester forte, soutenue par les secteurs de l’agriculture, de l’industrie et des services. Cette dynamique favorisera une réduction progressive de la pauvreté et une amélioration du niveau de vie des populations.
Selon la Banque mondiale, la croissance économique du Bénin devrait atteindre en moyenne 7,1% entre 2025 et 2027 contre 6,6% sur la période 2021-2023. Cette progression s’appuie sur l’agriculture (+6,2%): renforcée par des réformes (meilleure supervision, accès facilité aux intrants, financements agricoles). Elle devrait contribuer à 1,6 point de la croissance totale. L’industrie (+9,1%): portée par les projets du Programme d’Actions du Gouvernement 2 (PAG2), notamment dans la construction et l’agro-industrie. Elle deviendra le deuxième moteur de croissance, devant l’agriculture. Les services: stimulés par les investissements dans le commerce régional, le tourisme, le transit et les télécommunications. Leur contribution se stabilisera à 3,4 points. Côté demande, les exportations de biens et services seront le principal moteur, avec une croissance de 7,6%. L’investissement global ralentira surtout le public à cause de contraintes budgétaires, mais l’investissement privé restera solide grâce à l’amélioration du climat des affaires.
Des impacts sociaux positifs
L’inflation devrait rester stable autour de 1,5%, permettant une reprise de la consommation privée après un léger repli prévu en 2025. La consommation publique bénéficiera des mesures sociales et salariales. Le déficit budgétaire devrait rester sous la barre des 3% du PIB, conforme aux critères de l’UEMOA et la dette publique redescendre sous 50% du PIB d’ici 2027, grâce à une meilleure gestion des finances et à l’augmentation des recettes fiscales. Le déficit du compte courant s'améliorera également, prévu à 4,3% du PIB grâce à la baisse des importations d’investissement et à la hausse des exportations et du tourisme.
Réduction de la pauvreté
La croissance économique aura un effet direct sur la réduction de la pauvreté. Le taux de pauvreté national devrait passer de 36,2% en 2021 à 22,3% en 2027, avec une amélioration plus marquée en milieu rural. La croissance inclusive, la maîtrise de l’inflation et le dynamisme agricole et des services permettront d’améliorer les conditions de vie des populations les plus vulnérables.
Un appel à plus d’équité
Malgré ces progrès, des inégalités structurelles persistent, notamment en lien avec le lieu de naissance et le niveau d’éducation des parents. La Banque mondiale recommande de renforcer les politiques de redistribution et de favoriser l’accès à l’éducation et à l’emploi, afin que les bénéfices de la croissance profitent à tous.