Par Claudia Kenou
L'activité économique au sein de l’Union économique et monétaire ouest africaine (Uemoa) est restée dynamique au quatrième trimestre 2023, avec une progression de 5,7% du PIB réel. C'est plus de 20 milliards de francs Cfa qui ont été mobilisés par les pays de l'Uemoa à fin 2023.
Les recettes budgétaires dans l'Uemoa se sont établies à 20.292,1 milliards à fin décembre 2023. Cela représente une hausse de 2.323,8 milliards, soit 12,9% de plus par rapport à l’année précédente. Le rapport sur la politique monétaire dans l’Uemoa de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (Bceao), rendu public en mars 2024, indique que cette progression émane surtout des recettes fiscales, qui se sont accrues de 2.202,6 milliards ou 14,5% pour s’établir à 17.430,2 milliards, en liaison avec le dynamisme de l’activité économique et la poursuite des réformes de modernisation des administrations fiscales.
Le taux de pression fiscale a également connu une augmentation de 14,4%, contre 13,7% un an plus tôt. C'est une hausse de 0,7% par rapport à l'année dernière. Pour leur part, les dons se sont accrus de 283,6 milliards, soit 20,8% pour s’établir à 1.644,9 milliards à fin décembre 2023. Quant à l'indice des prix des matières premières, hors pétrole, exportées par les pays de l’Uemoa, on note un accroissement de 6,9% au cours du quatrième trimestre 2023, après une hausse de 4,9% un trimestre plus tôt.
Les plus fortes hausses ont concerné le cacao, la noix de cajou, le caoutchouc, l’uranium et le café. L’analyse des statistiques montre qu’avec ses performances, le déficit budgétaire, base engagements, y compris les dons, s’est atténué de 924,9 milliards pour s’établir à 6.491,4 milliards à fin décembre 2023, soit 5,4% du PIB. Il était de 7.416,3 milliards ou 6,7% du PIB en 2022.
Examinant la conjoncture économique dans l’Uemoa, le Comité de Politique Monétaire a noté que l'activité économique au quatrième trimestre 2023 est au beau fixe, avec une progression de 5,7% du PIB sur un an, niveau identique à celui enregistré le trimestre précédent. Cette évolution de l’activité résulte de la hausse de la valeur ajoutée dans l’ensemble des secteurs. Selon les hypothèses des experts de la Bceao, la croissance économique de l’Union devrait ressortir à 6,5% en 2024, après 5,6% en 2023. Le Comité de Politique Monétaire alerte tout de même sur les risques. « Ces perspectives de croissance restent entourées de risques baissiers, liés notamment à la dégradation de la situation sécuritaire et socio-politique dans la sous-région ainsi qu’aux effets néfastes des sécheresses et des inondations sur la production agricole », a indiqué le Comité de Politique Monétaire.
À noter que la croissance du PIB de l’Uemoa, en termes réels, ressortirait à 6,5% en 2024, puis à 6,6% en 2025, selon les dernières prévisions de la BCEAO. Cette accélération serait particulièrement impulsée par la bonne tenue des productions extractives et manufacturières.
Erwane Oliyidé