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Santé financière des entreprises publiques sous l’ère Talon: 8 ans après, quel bilan faire ?

22 sociétés d’État et 123 agences et offices d’État constituent le portefeuille des entreprises publiques au Bénin, chacune dotée d’une personnalité juridique et d’une autonomie financière de gestion. Opérant parfois à perte et cumulant des dettes pour maintenir leurs activités, ces entreprises posent beaucoup trop souvent des défis importants à la stabilité économique du pays. Mais, depuis l’avènement de la rupture en 2016 conduit par le président Patrice Talon, la situation financière des entreprises publiques fait l’objet d’un suivi régulier. La création en 2016, de la Direction générale des participations de l’État et de la dénationalisation (Ddped) s’est inscrite dans la dynamique d’une meilleure prise en charge de la surveillance financière des entreprises publiques et d’un renforcement de leur gouvernance. Mais, ces réformes concourent-elles à réduire la survenue des risques liés aux entreprises publiques ?

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Santé financière des entreprises publiques sous l’ère Talon: 8 ans après, quel bilan faire ?

22 sociétés d’État et 123 agences et offices d’État constituent le portefeuille des entreprises publiques au Bénin, chacune dotée d’une personnalité juridique et d’une autonomie financière de gestion. Opérant parfois à perte et cumulant des dettes pour maintenir leurs activités, ces entreprises posent beaucoup trop souvent des défis importants à la stabilité économique du pays. Mais, depuis l’avènement de la rupture en 2016 conduit par le président Patrice Talon, la situation financière des entreprises publiques fait l’objet d’un suivi régulier. La création en 2016, de la Direction générale des participations de l’État et de la dénationalisation (Ddped) s’est inscrite dans la dynamique d’une meilleure prise en charge de la surveillance financière des entreprises publiques et d’un renforcement de leur gouvernance. Mais, ces réformes concourent-elles à réduire la survenue des risques liés aux entreprises publiques ?

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Par Harry Orekan

22 sociétés d’État et 123 agences et offices d’État constituent le portefeuille des entreprises publiques au Bénin, chacune dotée d’une personnalité juridique et d’une autonomie financière de gestion. Opérant parfois à perte et cumulant des dettes pour maintenir leurs activités, ces entreprises posent beaucoup trop souvent des défis importants à la stabilité économique du pays. Mais, depuis l’avènement de la rupture en 2016 conduit par le président Patrice Talon, la situation financière des entreprises publiques fait l’objet d’un suivi régulier. La création en 2016, de la Direction générale des participations de l’État et de la dénationalisation (Ddped) s’est inscrite dans la dynamique d’une meilleure prise en charge de la surveillance financière des entreprises publiques et d’un renforcement de leur gouvernance. Mais, ces réformes concourent-elles à réduire la survenue des risques liés aux entreprises publiques ?

D’entrée du jeu, l’édition 2023 du document sur la déclaration des risques budgétaires nous apprend ceci : « Les informations disponibles permettent de conclure que la situation financière des entreprises publiques n’est pas préoccupante, à la suite des réformes opérées ces dernières années… Les entreprises publiques font état d’une bonne santé financière et connaissent un accroissement de leur chiffre d’affaires ». Une déclaration qui rassure d’emblée que la situation financière du Bénin sous l’ère de la rupture semble être maitrisée et ne constitueraient pas une source de vulnérabilité majeure pour le budget de l’État. En effet, entre 2020 et 2021, L’État béninois à traves les différentes réformes mis en place, a noté au niveau des entreprises publiques une hausse des chiffres d’affaires. Mais rapidement en 2022, il fait face à une baisse. « Les chiffres d’affaires se sont établis à 149,2 milliards de francs Cfa en 2022 contre 151,6 milliards de francs Cfa en 2021 et 128,5 milliards de francs Cfa en 2020, soit une progression de 17,9% entre 2020 et 2021 et une baisse de 1,6% entre 2021 et 2022 », a précisé le document sur la déclaration des risques budgétaires. Mieux, en ce qui concerne les sociétés d'État, leurs chiffres d’affaires ont connues sur toute la période revue une amélioration considérable. Selon le document, ces chiffres d’affaires sont passés à 473,2 milliards de francs Cfa en 2022 contre 379,7 milliards de francs Cfa en 2021 et 297,5 milliards de francs Cfa en 2020, soit une progression de 27,6% entre 2020 et 2021 et de 24,6% entre 2021 et 2022. Une amélioration globale des chiffres d’affaires des entreprises publiques sur la période sous revue qui, selon le même document s’explique d’une part, par la forte reprise de l’économie mondiale et la levée des mesures barrières contre la pandémie de la Covid-19 et, d’autre part, par l’amélioration des redevances et des prix de certains produits en lien avec la conjoncture internationale des cours des matières premières en 2022.

En 2023 par ailleurs, les entreprises publiques ont anticipé une hausse de leurs chiffres d'affaires de 20,4% par rapport à 2022 sous l’hypothèse d’un environnement économique mondiale et national favorable. Les chiffres d'affaires des offices s'établiraient à 178,9 milliards de francs Cfa tandis que ceux des sociétés d'État s'afficheraient à 570,4 milliards de francs Cfa, soit des progressions respectives de 20% et 20,5% par rapport à 2022. L’évaluation des produits et des charges a révélé que les produits ont permis de faire face aux charges, faisant ressortir des résultats nets positifs aussi bien pour les offices que pour les sociétés d’État. En effet, le résultat net des offices s'évalue à 101,6 milliards de francs Cfa en 2022 contre 82,4 milliards de francs Cfa en 2021 et 96,7 milliards de francs Cfa en 2020. S'agissant des sociétés d'État, leurs résultats nets passent de 27,7 milliards de francs Cfa en 2020 à 69,7 milliards de francs Cfa en 2022. Pour l’édition 2023 du document sur la déclaration des risques budgétaires, on peut expliquer la bonne performance financière de ces entreprises publiques sur la période sous revue par l'amélioration des produits et la maîtrise des charges. La maîtrise des charges qui résulte de la gestion saine et efficace des finances ainsi que le contrôle des charges d’exploitation. Quant à l'amélioration des produits, elle découle, entre autres, des actions et/ou réformes menées par le gouvernement et les entités publiques.

En outre, sur la période 2020-2023, les entreprises publiques ont bénéficié de diverses subventions réparties en deux catégories: les subventions d'exploitation et les subventions d'investissement. De façon générale, les subventions d'exploitation sont principalement destinées aux établissements publics (agences, offices, etc.) et les subventions d’investissement aux sociétés d’État. S’agissant des contributions fiscales les entreprises publiques ont payés 9,5 milliards de francs Cfa (impôts et taxes) en 2022 contre 8,7 milliards de francs Cfa en 2021, soit une progression de 8,7%. Faiblement contributeurs, les offices quant à eux ont affiché un niveau d’impôts et taxes passant de 0,2 milliard en 2020 à 0,4 milliard en 2021 et 0,3 milliard en 2022. En ce qui concerne les dividendes, il faut mentionner que seules les sociétés sont concernées. Sur la période 2020-2022, les dividendes versés par les sociétés sont passés de 2,7 milliards de francs Cfa en 2020 à 4,7 milliards de francs Cfa en 2021 et à 4,5 milliards francs CFA en 2022. En 2023, les sociétés d’État ont prévu répartir 4,0 milliards de francs Cfa de dividendes.

Il importe pour finir de rappeler que la situation, au 30 juin 2023, de la dette bancaire directe des entreprises publiques est maitrisée et le profil d’endettement devrait s’améliorer dans le prochain triennal.

Fortuné Dotin

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