Par Claudia Kenou
En réaction au coup d'État survenu au Niger le 26 juillet 2023, le Bénin a fermé sa frontière avec son voisin, conformément aux mesures de sanctions prises par la Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest (Cedeao). Le Niger, également a ensuite fermé sa frontière avec le Bénin.
Mais les inconvénients de l'application des sanctions de la CEDEAO contre le Niger n'ont pas épargné le Bénin. De lourdes conséquences économiques ont été enregistrées. Les revenus portuaires ont baissé considérablement. Des commerçants transporteurs béninois ont vu leurs activités génératrices de revenus suspendues. Des grincements de dents ont été enregistrés dans le rang des camionneurs. Le président du syndicat des transporteurs et importateurs du Bénin, Rabiou Garba, avait déploré le fait que plus de 500 camions soient bloqués sur un parc d’une capacité de 200 camions à Malanville, ville béninoise frontalière avec le Niger. Ce qui rend ce parc inaccessible aux autres camions qui y arrivent. « Donc des marchandises en souffrance. Ce sont des milliards de francs Cfa qui sont en cause », s'était-il plaint.
Cinq mois après les sanctions de la CEDEAO appliquées contre le Niger, le Bénin a procédé à la levée de la suspension des importations de marchandises transitant vers le Niger. Cette nouvelle est tombée quelques jours après que le président de la République ait exprimé sa volonté de « rétablir rapidement les relations » entre les deux pays voisins. Mais les dirigeants nigériens étaient restés inflexibles pour le retour à de meilleurs sentiments entre le Bénin et leur pays.
Cependant, face aux énormes répercussions de cette situation sur l'économie béninoise, le président de la République du Bénin, Patrice Talon envisage toujours de rétablir la bonne atmosphère notamment économique qui reliait les deux pays. Ainsi, lors de la conférence de presse du jeudi 8 février dernier, Patrice Talon a donné l’assurance quant à l’ouverture très prochaine des frontières entre le Bénin et le Niger. « Si tout va bien, d’ici la semaine prochaine ou dans les semaines à venir, les frontières entre les 2 États seront ouvertes pour le bonheur des ressortissants des 2 pays » a-t-il affirmé. Cette mesure serait l'idéal pour l'économie nationale, en revitalisant les revenus du Port Autonome de Cotonou et en favorisant la reprise des activités suspendues. Les peuples nigériens pourront aussi pousser un ouf de soulagement. Car les inconvénients sont également visibles dans ce pays sahélien.
Par Brunelle Tchobo