Par Harry Orekan
Dans le cadre de la mise en œuvre du pipeline Niger-Bénin, le Bénin a connu le dimanche 21 avril 2024, le premier acheminement du brut nigérien. Le pétrole injecté dans l'oléoduc a été réceptionné à la station terminale de Sèmè. Il vient consolider les liens entre le Bénin et le Niger et devrait permettre aux deux pays de booster leur croissance économique.
L'acheminement du pétrole nigérien sur le sol béninois témoigne du renouement des relations économiques entre les deux pays voisins. Parcourant une distance de 1905,8 km, le pipeline Niger-Bénin est actuellement le plus long de l'Afrique. Il s’étend sur plus de 1000 kilomètres au Niger et près de 700 kilomètres au Bénin. Il traverse cinq départements, 150 villes et villages afin de faciliter le transport du pétrole extrait des forages d’Agadem au Niger vers le port de Cotonou au Bénin. Ce pipeline trouve son issue à la station terminale de Sèmè au Bénin, où le pétrole brut sera stocké avant d'être acheminé vers l'offshore SPM pour la vente.
De l’avis de nombreux experts internationaux, ce deal devrait permettre au Bénin et au Niger, non seulement de bénéficier de revenus conséquents, mais également de stimuler leur croissance économique au cours des prochaines années. Ne disposant pas de ressources exploitables en grande quantité dans son sous-sol, ce contrat a des allures d’aubaine pour le Bénin. En effet, avec l'exploitation du pipeline Niger-Bénin, le Bénin va bénéficier d’un droit de transit et de recettes fiscales importantes, en fonction du volume de pétrole exporté.
Ainsi, cet État ouest-africain que rien ne prédestinait à être le pays de transit du plus long pipeline d’Afrique, se positionne comme un acteur clé de la distribution du pétrole brut dans la région, ouvrant la voie à de nouvelles perspectives commerciales et de partenariats. Du côté du Niger, ce pipeline permettra, d’écouler le pétrole nigérien sur le marché international. Ce corridor commercial favorisera par ailleurs le développement économique régional et renforcera la coopération entre les deux pays, ouvrant ainsi la voie à de nouvelles perspectives commerciales.
Pour rappel, c'est en janvier 2019 que le Bénin et le Niger ont signé un accord bilatéral pour la construction et l’exploitation d’un système de transport des hydrocarbures par oléoduc. Plus récemment, en début mars 2024, le nouveau méga oléoduc a été mise en service. En dépit de la fermeture des frontières entre le Niger et le Bénin, cette réalisation a pu aller au terme. Toutefois, les autorités béninoises avaient affirmé que le pipeline n’était pas concerné par les mesures prises par la CEDEAO à la suite du coup d'État intervenu au Niger. Lesquelles mesures ont été levées depuis le 24 février dernier.
Supervisé par la société chinoise CNPC, le projet a nécessité un investissement total de six milliards de dollars, dont la grande partie a été consacrée au développement des champs pétroliers dans la région d’Agadem, ainsi qu’à la construction de l’oléoduc. Grâce à ces investissements, les autorités nigériennes prévoient une production quotidienne de 200 000 barils d’ici 2026. Les exportations de pétrole devraient représenter une part importante du PIB et des recettes fiscales du Niger, avec une croissance économique en hausse.
Longtemps considéré comme un petit producteur de pétrole, le Niger amorce sa marche vers le cercle des grands producteurs d’or noir en Afrique de l’Ouest avec pour principal partenaire le Bénin.
Erwane Oliyidé