Par Harry Orekan
Le Centre d'Arbitrage, de Médiation et de Conciliation du Bénin (CAMeC), a organisé jeudi 10 octobre 2024, au Palais des Congrès de Cotonou, sa première édition de rentrée solennelle. Placée sous le parrainage de Dorothée Sossa, président de la Cour Constitutionnelle, cette initiative a pour but d'élargir le champ d'action du CAMeC-Bénin et de promouvoir les Modes alternatifs de règlement des litiges (Marls) au sein des systèmes judiciaires du Bénin.
Cette rentrée solennelle, qui est à sa première édition depuis la création du CAMeC en 2001, a réuni un parterre de personnalités du monde des affaires du Bénin ainsi que des autorités publiques.
Placée sous le thème : « les Modes alternatifs de règlement des litiges (Marls), une alternative aux procédures judiciaires », il s'agit pour Alain Amoussoukpevi, président du CAMeC, en choisissant ce thème de mener une réflexion approfondie sur la question du règlement des litiges afin de faire de ce mécanisme, le marchepied du CAMeC. Il estime que face à la lenteur, aux coûts élevés et à la lourdeur parfois des procédures judiciaires classiques, les modes alternatifs de règlement des litiges apparaissent comme des solutions adaptées aux réalités économiques et sociales du monde des affaires. « Les modes alternatifs de règlement des litiges, en particulier l'arbitrage, la médiation et la conciliation, offrent une flexibilité et une rapidité que les procédures judiciaires traditionnelles ne peuvent pas nous garantir », a-t-il indiqué. Pour lui, dans un contexte où la demande croissante pour une justice plus accessible et plus réactive place les modes alternatifs de règlement des litiges au cœur des réformes nécessaires du système judiciaire ce mécanisme permet de résoudre les conflits de manière consensuelle en privilégiant le dialogue et l'écoute dans un cadre qui respecte la confidentialité et l'équité, et ce, à moindre coût. « Ces modes alternatifs de règlement des litiges moins onéreux permettant de maintenir les relations d'affaires où les procédures judiciaires risqueraient de briser », a ajouté le président du Camec. Il a, à cet effet, invité les entreprises, les particuliers ainsi que les institutions publiques à l'adoption de ce mécanisme pour une résolution plus efficace de leurs conflits. « Le grand défi est de parvenir à un changement de paradigme où les justiciables intègrent les modes alternatifs de règlement des litiges comme un choix naturel, voire privilégié avant de songer au tribunal », a-t-il poursuivi. Il pense que beaucoup de défis se profilent et il urge de renforcer la visibilité du CAMeC et de rassembler les arbitres, médiateurs et conciliateurs pour les mettre en ordre de bataille.
Présent à cette rentrée en tant que parrain de l'événement, Dorothée Sossa, président de la Cour Constitutionnelle du Bénin, s'est inscrit dans une dynamique de conseiller, allant du partage d'expériences à des propositions d'idées pour le rayonnement du CAMeC-Benin. Il estime que pour le développement des modes alternatifs de règlement des litiges, il faut cibler les litiges adaptés et développer l'intérêt des entreprises. Pour lui, ces mécanismes disposent de nombreux avantages au niveau des milieux d'affaires qui ont bien compris ce que c'est. « Les avantages des modes ne se discutent pas. Ça peut constituer une réelle alternative aux procédures judiciaires, ce qui ne signifie pas que le juge est exclu. Le juge collabore, coopère et essaye de faire avancer la procédure », a-t-il expliqué. Il a réitéré sa disponibilité et a invité le CAMeC-Benin à aller à la rencontre des entreprises et s'ouvrir au monde. « Vous devez aller à la rencontre des entreprises, des entrepreneurs. Lorsqu'on forme des jeunes entrepreneurs, ça ne doit pas être à l'exclusion. Ce serait bien pour le pays que les affaires marchent. Il faut que les entreprises se portent bien », a recommandé Dorothée Sossa, président de la Cour Constitutionnelle.
Fortuné Dotin