Par Thantan Maurice
Gilles Yabi est un chercheur béninois responsable du think thank Wathi basé à Dakar. Début juillet, sa structure a organisé une table ronde virtuelle sur la zone industrielle de Glo-Djigbé (Gdiz).
Une discussion à laquelle a participé le Directeur général de l’Apiex, la présidente de Social Watch Bénin et l’universitaire Jean-Luc Houngbèmè, économiste-chercheur. Pour RFI, Gilles Yabi est revenu sur cet échange tout en partageant ses réflexions autour de la Gdiz.
D’emblée, le responsable de Wathi a rappelé que le bilan des zones économiques spéciales à travers le monde et l’Afrique en particulier reste mitigé. “Les zones économiques spéciales (ZES) sont très prisées en Afrique comme en Asie et en Amérique latine. On est passé de 3 000 zones économiques spéciales en 2001 à 5400 en 2017 au niveau mondial. En Afrique, le nombre de zones économiques spéciales est passé de 155 en 2006 à 237 en 2020. Pourtant, lorsqu’on examine les évaluations de ces zones par la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED), le bilan est mitigé. Plus de la moitié des ZES ne réussissent pas à attirer les investissements espérés”, a-t-il indiqué.
Mais le chercheur semble être plus optimiste pour le cas béninois de la Gdiz. Son optimisme se fonde sur les assurances données par les autorités béninoises. “Ce qui est plutôt rassurant par rapport au projet de Glo-Djigbé au Bénin, c’est la conscience qui nous a paru claire, de la part de l’agence gouvernementale, des écueils à éviter et des erreurs à ne pas commettre”, a-t-il commenté.
Pour Gilles Yabi, le Bénin, à travers la Gdiz, semble être en mesure de réussir un pari important : celui d’une industrialisation maîtrisée qui produit des emplois décents à la jeunesse. “À l’échelle de l’économie béninoise, les perspectives sont intéressantes. 500 jeunes sont déjà dans les centres de formation aux métiers du textile, pour fournir la main d’œuvre à 29 entreprises attendues dans ce secteur. C’est évidemment peu en comparaison avec les dizaines de milliers de jeunes en recherche d’emplois et de revenus décents et prévisibles, mais c’est un début qui devrait redonner de l’intérêt pour la formation professionnelle, et les besoins de main d’œuvre devraient s’accroître significativement au fil du temps et dans toutes les autres chaînes de valorisation des produits agricoles”, a conclu le responsable du think thank Wathi.