Par Claudia Kenou
À l’occasion du 50e anniversaire de la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), le ministre béninois des Affaires étrangères, Olushegun Adjadi Bakari, a exprimé les préoccupations du Bénin concernant le fonctionnement et les retombées de l’organisation régionale.
Malgré les avancées enregistrées depuis la création de la CEDEAO en 1975 à Lagos, le ministre estime que le bilan reste mitigé. Selon lui, l’organisation n’a pas encore pleinement tenu ses promesses initiales, notamment en matière d’entraide, de solidarité, de développement harmonisé et de répartition équitable des richesses entre les États membres. Un point de frustration majeur pour le Bénin reste l’absence de représentation institutionnelle au sein de la CEDEAO. Le ministre a déploré que le pays ne bénéficie d’aucune structure régionale sur son territoire, une situation qui suscite des interrogations légitimes sur les retombées concrètes de l’intégration régionale pour les citoyens béninois.
«Le Bénin a toujours été un fervent défenseur de l’intégration ouest-africaine, mais aujourd’hui, il est nécessaire de faire un bilan critique et d’apporter les ajustements nécessaires pour éviter un affaiblissement progressif de l’organisation», a déclaré le ministre Bakari. Il a appelé à une réforme en profondeur de la CEDEAO pour corriger ses insuffisances et lui permettre de mieux répondre aux aspirations de ses peuples. Créée il y a cinq décennies, la CEDEAO a pour mission de favoriser l’intégration économique, politique et sociale des pays membres en Afrique de l’Ouest. Mais alors que des tensions internes et des défis sécuritaires fragilisent son unité, la voix du Bénin s’élève pour réclamer une CEDEAO plus équitable, plus efficace et plus inclusive.