Par Boris Mawuena
Le projet de loi de finances transmis à l’Assemblée nationale fixe le budget 2026 à 3.783,984 milliards de francs Cfa, contre 3.551,005 milliards de francs Cfa en 2025. Cette augmentation de 232,979 milliards de francs Cfa représente une progression de 6,6% et traduit la volonté du gouvernement de renforcer ses interventions économiques et sociales. Le texte ne prévoit ni hausse de taux d’imposition ni création de nouvelles taxes. Le choix est fait de reconduire les mesures fiscales déjà en vigueur afin de soutenir l’activité des entreprises, d'alléger les charges des ménages et d'encourager le financement des collectivités locales.
Des allégements fiscaux ciblés
Parmi les mesures maintenues, figure la réduction du taux de la Taxe de Statistique (T.STAT) appliquée à la réexportation des produits pétroliers et au transit des matières premières. Ce taux reste fixé à 1% au lieu de 5% de la valeur en douane. Le projet confirme également l’exonération des droits et taxes à l’importation sur les équipements neufs acquis par les Petites et Moyennes Entreprises non soumises à un régime dérogatoire. L'exonération à l’exportation est par ailleurs reconduite pour une partie du soja après la période de campagne, afin d’améliorer la compétitivité de la filière.
Une avancée importante concerne la modification de l’article 247 du Code général des impôts, permettant d’étendre la déduction de la TVA d’amont aux achats de carburant destinés à des véhicules ou engins utilisés directement pour l’objet social des entreprises.
Encourager le civisme fiscal et la transition écologique
Le projet prévoit une dispense de pénalités pour les contribuables redevables de la taxe foncière unique qui s’acquittent intégralement de leurs arriérés. Une seconde dispense vise les contribuables jusqu’ici inconnus de l’administration fiscale qui régularisent spontanément leurs activités passées. Ces mesures entendent favoriser l’élargissement de l’assiette fiscale et l’intégration progressive du secteur informel. La reconduction de l’exonération sur les véhicules neufs importés, fabriqués ou vendus au Bénin contribue au renouvellement du parc automobile et à la réduction des émissions de CO₂. Le projet inclut également une exonération sur les récipients pour gaz comprimés ou liquéfiés afin de promouvoir des solutions de cuisson plus sûres et moins polluantes.
Modernisation des infrastructures et soutien au tourisme
Les équipements et matériaux destinés à la construction ou à la rénovation des stations-service restent exonérés, pour encourager la modernisation du réseau de distribution des produits pétroliers et lutter contre le trafic illicite. Le texte maintient enfin une exonération sur les aéronefs, aérostats et leurs pièces de rechange. L’objectif est de renforcer l’écosystème du tourisme, secteur identifié comme l’un des leviers majeurs de la croissance durable. L’adoption du projet par les députés, actuellement en session budgétaire, permettra sa mise en œuvre effective dès 2026.