Par Claudia Kenou
Sous le thème «Investir, créer et se souvenir du Bénin», le premier colloque économique et créatif Bénin-Canada s’est ouvert lundi 7 avril 2025 à la Chambre de commerce et d’industrie du Bénin (CCI Bénin). Un rendez-vous stratégique de cinq jours placé sous le sceau de la coopération bilatérale, de l’innovation agroalimentaire et du réseautage entrepreneurial entre deux pays que tout semble rapprocher : la volonté d’innover, l’ambition de produire et le besoin de tisser des liens commerciaux durables.
Porté par la CCI Bénin et la Chambre de commerce Bénin-Canada (CCBC), cet événement se veut une plateforme multidimensionnelle d’échanges, réunissant opérateurs économiques, investisseurs, acteurs culturels et membres de la diaspora autour d’un objectif commun : renforcer la marque Bénin par la transformation des richesses locales en produits à forte valeur ajoutée, capables de rayonner sur les marchés internationaux.
Le miel béninois, produit identitaire aux qualités reconnues, en est l’illustration parfaite. Véritable fil conducteur de cette première édition, il symbolise le potentiel de transformation, de différenciation et de positionnement international que porte l’agriculture béninoise. Pour Christiane Tossou, vice-présidente de la CCI Bénin, «il est temps de faire du miel béninois un produit signature, à l’image du sirop d’érable canadien. Notre ambition est de créer des ponts solides entre nos deux économies autour d’un savoir-faire partagé, fondé sur l’authenticité et l’excellence», a-t-elle indiqué.
Par ailleurs, Rétis Steffy, directeur exécutif de la CCI Bénin-Canada, a rappelé que cette rencontre s’inscrit pleinement dans les nouvelles orientations du Canada en Afrique : soutenir les investissements durables, encourager la coproduction et renforcer les alliances stratégiques. À travers ce colloque, le Bénin, dit-il, se positionne comme un hub régional de transformation et d’innovation, prêt à accueillir les entreprises qui misent sur la valeur et la vision.
L’intervention très attendue de François Lambert, entrepreneur québécois reconnu, a apporté un éclairage concret. En partageant son parcours dans la transformation du sirop d’érable en une gamme de plus de 450 produits, incluant même des cosmétiques, il a démontré qu’un produit local bien valorisé peut devenir un véritable moteur économique. «Le miel du Bénin est riche, unique et porteur. Avec une stratégie claire, il peut conquérir les marchés et faire vivre tout un écosystème», a-t-il affirmé. À travers cet exemple, il a montré aux entrepreneurs béninois qu’une industrie perçue comme mature peut encore évoluer par l’innovation, la différenciation et la mise en marché intelligente. Selon lui, «le miel ne doit plus se vendre uniquement dans un pot : il peut devenir un vecteur de création de valeur ajoutée, d’identité et de croissance locale».
Prévu pour durer cinq jours, le colloque alternera panels thématiques, démonstrations de produits, rencontres B2B et ateliers de co-création. Une approche immersive pensée pour catalyser les opportunités, favoriser les synergies et faire émerger des projets à fort impact.
Loin d’être ponctuel, ce partenariat Bénin-Canada s’inscrit dans une vision à long terme où culture, économie et innovation se conjuguent pour propulser les produits du terroir au rang d’ambassadeurs économiques. Le message est clair : au Bénin, la transformation locale n’est plus un idéal, c’est une stratégie.
Fortuné Dotin