Par Claudia Kenou
Au quatrième trimestre 2024, le Bénin a frôlé l’excellence sur la scène économique régionale, mettant en lumière la solidité de son commerce extérieur et sa place incontournable au sein de la CEDEAO. Le pays n’a pas seulement réussi à maintenir son cap. Il a aussi su attirer l’attention des grandes puissances économiques de la sous-région. Avec 9,6 milliards de FCFA d’exportations vers les autres membres de l'organisation ouest-africaine, le Bénin affiche des performances remarquables, dominées par trois grands noms : le Nigéria, la Côte d'Ivoire et le Togo.
En tête, le Nigéria se distingue comme le client privilégié du Bénin, capturant près de la moitié des exportations béninoises dans la CEDEAO. Sur les quais de Lagos et d’Abuja, les huiles de pétrole et les minéraux bitumineux pesant 4,1 milliards de francs Cfa, font la part belle aux échanges. C’est là que le Bénin trouve une place stratégique : fournisseur de biens essentiels et réexportateur, jouant habilement avec les demandes industrielles et les opportunités de réacheminement.
Mais loin de se reposer sur ce géant, le Bénin nourrit aussi une relation fructueuse avec la Côte d'Ivoire. À la fois dynamique et diversifiée, cette collaboration se décline en tissus de coton écrus, huiles de pétrole et carburéacteurs. Avec 15,4% de la part des exportations béninoises dans la zone, la Côte d'Ivoire devient un partenaire clé dans le secteur textile et énergétique, un relais indispensable pour les produits béninois.
Le Togo, avec 14,8% des exportations, se distingue également par sa demande spécifique. Ouvrages en papier, sacs en matières textiles et barres métalliques. Une palette variée qui révèle une spécialisation régionale complémentaire. Ces chiffres ne sont pas qu'une simple statistique, ils dessinent un portrait de coopération inter-africaine qui va bien au-delà des frontières.
Mais au-delà de cette dynamique régionale, le Bénin trace un sillon sur la scène internationale. Le Bangladesh à lui seul, absorbe plus d'un tiers des exportations du pays, avec une demande phénoménale de coton. Ce produit essentiel et stratégique pèse lourdement dans la balance économique béninoise, symbolisant la capacité du pays à s’imposer sur des marchés internationaux très compétitifs. Le coton béninois, exporté en grande quantité, fait rayonner le pays bien au-delà de l'Afrique.
Dans ce paysage économique, le Danemark se profile comme un autre acteur majeur, achetant massivement des graines et fruits oléagineux. Le Bénin ne se contente pas d’être un simple acteur dans les échanges mondiaux, il devient un fournisseur clé pour des marchés de niche, répondant à une demande spécifique avec des produits de qualité. L’Inde, avec ses 7,3 milliards de francs Cfa d’importations, confirme la montée en puissance du Bénin sur le marché asiatique, où les graines oléagineuses et l’huile de soja tiennent une place prépondérante.
Ainsi, ce trimestre n’est pas qu’un simple indicateur de performance : il dessine les contours d’une économie béninoise résolument tournée vers l’avenir. En 2024, le Bénin démontre que ses exportations, tant vers la CEDEAO qu’à l’international, sont le moteur d’une stratégie de diversification et de consolidation des relations commerciales. Une économie qui s’affirme, se diversifie et sait jouer sur tous les tableaux, pour naviguer avec agilité dans le monde complexe du commerce global.
Fortuné Dotin