Par Claudia Kenou
La Zone industrielle de Glo-Djigbé (Gdiz) s’affirme de plus en plus comme un pilier de la diplomatie économique du Bénin. Lors d'une visite jeudi 17 avril 2025, six nouveaux ambassadeurs, représentant des partenaires stratégiques, ont découvert une infrastructure industrielle pensée pour transformer les matières premières locales et attirer les investissements. Au-delà d'une simple visite, cette immersion symbolise l'engagement du Bénin à inscrire son image internationale dans une dynamique de compétitivité et de création de valeur ajoutée locale.
Désormais chargés de représenter le Bénin auprès d’États considérés comme des partenaires économiques majeurs, ces diplomates fraîchement nommés n’ont pas dissimulé leur enthousiasme. Agniola Ahouanmenou (États-Unis); Erick Jean-Marie Zinsou (Inde); Franck Adjagba (Chine); Nouhoume Youssoufou Abdouramani (Qatar); Badirou Aguemon (Koweït) et Joseph Ahanhanzo (Maroc) ont suivi avec attention chaque présentation, chaque démonstration, chaque perspective partagée par les équipes de la Société d’investissement et de promotion de l’industrie (Sipi-Bénin), représentées notamment par Irmine Gnidehou, directrice de la communication et Marlyne Guedegbe, directrice Juridique.
Transformation. Ceci a été le mot autour duquel ont tourné toutes les réflexions. La transformation du coton, du cajou, du soja et bientôt d’autres filières, mais aussi celle de la vision économique du pays, désormais tournée vers la création de valeur ajoutée locale, a été abordée.
En effet, dans un pays longtemps dépendant de l’exportation brute de ses matières premières, la Gdiz s’impose comme une alternative crédible, ambitieuse et structurée. Elle intègre des infrastructures de pointe, des mécanismes d’incitation à l’investissement ainsi qu’un dispositif de formation des ressources humaines, pensé pour répondre aux besoins spécifiques des industries installées.
«C’est une base irréversible pour le développement économique du Bénin», a résumé l’un des ambassadeurs à la fin de la visite. Une phrase forte, à la hauteur de l’impression laissée par la Gdiz, mais aussi révélatrice d’une évolution majeure: la diplomatie béninoise ne se conçoit plus sans une immersion dans les moteurs réels de l’économie. En mettant en contact direct ses ambassadeurs avec les leviers concrets de sa stratégie de développement, le Bénin renforce la cohérence de son action extérieure et affirme sa volonté d’inscrire son image internationale dans les registres de la compétitivité, de la transformation locale et de la durabilité.
Dans cette dynamique, chaque ambassadeur devient un promoteur potentiel de la Gdiz et plus largement, du nouveau récit économique béninois. Un récit fait d’infrastructures, de chaînes de valeur, mais aussi d’engagement et de vision à long terme. Une stratégie dont la Gdiz est aujourd’hui l’un des plus puissants porte-étendards.
Fortuné Dotin