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Fluctuations des prix internationaux du coton : Quel impact sur les finances publiques ?

Le coton, principale culture d'exportation du Bénin, est une source vitale de revenus pour de nombreux secteurs économiques. Le prix d’achat du coton, un facteur décisif pour les agriculteurs, est déterminé en fonction des prix internationaux de la fibre et en subit les variations. Toute fluctuation de ces prix entraîne des répercussions directes sur l’économie nationale, affectant les prévisions de production et les revenus agricoles. Mais depuis l’avènement du gouvernement de la rupture en 2016, la gestion de la filière coton a été essentiellement transférée sur le secteur privé. Pourquoi cette décision ? Est-ce une stratégie de riposte et de relance ? Bref, 8ans après, quel bilan faire ?

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Fluctuations des prix internationaux du coton : Quel impact sur les finances publiques ?

Le coton, principale culture d'exportation du Bénin, est une source vitale de revenus pour de nombreux secteurs économiques. Le prix d’achat du coton, un facteur décisif pour les agriculteurs, est déterminé en fonction des prix internationaux de la fibre et en subit les variations. Toute fluctuation de ces prix entraîne des répercussions directes sur l’économie nationale, affectant les prévisions de production et les revenus agricoles. Mais depuis l’avènement du gouvernement de la rupture en 2016, la gestion de la filière coton a été essentiellement transférée sur le secteur privé. Pourquoi cette décision ? Est-ce une stratégie de riposte et de relance ? Bref, 8ans après, quel bilan faire ?

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Par Claudia Kenou

Le coton, principale culture d'exportation du Bénin, est une source vitale de revenus pour de nombreux secteurs économiques. Le prix d’achat du coton, un facteur décisif pour les agriculteurs, est déterminé en fonction des prix internationaux de la fibre et en subit les variations. Toute fluctuation de ces prix entraîne des répercussions directes sur l’économie nationale, affectant les prévisions de production et les revenus agricoles. Mais depuis l’avènement du gouvernement de la rupture en 2016, la gestion de la filière coton a été essentiellement transférée sur le secteur privé. Pourquoi cette décision ? Est-ce une stratégie de riposte et de relance ? Bref, 8ans après, quel bilan faire ?

La filière coton étant pourvoyeuse d’activités, tout phénomène qui impacte sa dynamique compromet les prévisions économiques. Une baisse prononcée des prix internationaux du coton entraînerait par exemple une diminution des revenus d’exportation et des réserves en devise du Bénin. Selon l’édition 2023 du document sur la déclaration des risques budgétaires, un choc négatif sur le prix international du coton fausserait les prévisions de recettes des entreprises exportatrices, le revenu des ménages et affecterait les impôts et taxes payés par celles-ci. L’analyse de l’impact d’une baisse du cours du coton sur l’économie béninoise telle que présentée dans le document sur la déclaration des risques budgétaires montre des résultats relativement limités en termes d’impact sur les recettes totales et le PIB du Bénin. « Une baisse des prix internationaux du coton de 25% entraînerait une diminution des revenus totaux du Gouvernement de 0,008% en 2024 et de 0,01% en cumul sur les trois prochaines années (2024-2026) », peut-on lire dans le document.  De même, le document nous apprend que la probabilité d’occurrence du risque lié aux fluctuations à la baisse des prix internationaux du coton est de 10% en 2024 et sera sur le triennal 2024-2026, de 27,1%. « Le risque de fluctuation des prix internationaux du coton est peu probable sur un an mais compte tenu des tensions géopolitiques et des prévisions d’un ralentissement de la croissance en Chine, on pourrait craindre une contraction de la demande mondiale en fibre et une baisse des prix ». Il importe cependant de souligner que pour les années à venir, l’Organisation de Coopération et de Développement Économiques (OCDE) et la FAO (2021) prévoient que le marché serait relativement équilibré jusqu’en 2030, en dépit des effets de la guerre entre la Russie et l’Ukraine et du risque de récession mondiale en 2023.

Mesures d’atténuation et stratégies de riposte et de relance

En 2016, avec l’avènement du régime de la rupture conduit par le président Patrice Talon, le secteur cotonnier béninois va très vite se métamorphoser. L’or blanc devient tout de suite l’une des forces sur laquelle le jeune gouvernement compte pour révolutionner l’économie nationale. Au lendemain du lancement du Programme d’action du gouvernement (Pag), la gestion de la filière coton a été entièrement transférée sur le secteur privé. La commercialisation des dérivés du coton est désormais assurée par les entreprises privées d’égrenage du coton graine, ce qui préserve l’État de certains aléas. Par ailleurs, le fonctionnement des marchés de placement de la fibre de coton offre des mécanismes d’atténuation de certains aléas. Les contrats de placement sont “à terme” et les placements sont effectués plusieurs mois avant la récolte. Cette flexibilité permet de contourner les fluctuations de prix de durées relativement réduites. Aussi, les traders ont-ils la possibilité de différer leurs opérations pour des raisons conjoncturelles. Des négociations hors marché sont également possibles entres anciens clients, ce qui permet d’obtenir des prix plus alléchants que les prix officiels. Ces mécanismes pourraient, précise l’édition 2023 du document sur la déclaration des risques budgétaires, expliquer l’impact relativement faible du risque de fluctuation du cours du coton sur les recettes d’exportation des sociétés et par ricochet sur les recettes budgétaires qui en découleraient. Pour protéger les producteurs qui constituent le maillon essentiel mais vulnérable de la filière, un fonds de réserve a été mis en place par le gouvernement. Ce fonds est financé par les réserves stratégiques de l’Association Interprofessionnelle du Coton (AIC).

Par ailleurs, sur le plan local, le Bénin a pris des mesures significatives pour transformer sa production cotonnière, renforçant ainsi son statut de leader dans la production de coton en Afrique. La création de la Zone Économique Spéciale de Glo-Djigbé-Zè (GDIZ) a été une étape cruciale dans cette entreprise. Cette zone a attiré de nombreux investisseurs avec 32 d’entre eux déjà implantés et engagés dans divers secteurs tels que le textile et la transformation agricole. Grâce à ces investissements et aux équipements disponibles dans la GDIZ, le Bénin a les moyens de traiter le coton brut sur place, augmentant ainsi considérablement la part de la fibre de coton transformée localement. Actuellement, indique le document, seulement 1% de la production nationale annuelle de coton est transformé sur place, mais avec les trois usines en développement dans la GDIZ, cette part devrait passer à 12,7% par an. De plus, ce projet ambitieux prévoit également la transformation des graines de coton en huile de coton, ce qui renforcera davantage la capacité de transformation locale du Bénin. Ces initiatives résultent d’une politique agricole dynamique et d’un partenariat fructueux entre le gouvernement béninois et des acteurs privés, tels qu’Arise.

Rappelons qu’en vue de renforcer sa résilience en réduisant significativement le niveau d’exposition aux aléas du marché international du coton fibre, le Bénin a renforcé ses efforts de diversification des revenus d’exportation grâce à la promotion de nouvelles spéculations telles que le soja et les noix d’anacarde.

Fortuné Dotin

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