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Pari des garanties africaines : ATIDI célèbre 25 ans et vise plus de capitaux privés

À Nairobi, ATIDI a célébré ses 25 ans avec des résultats solides et un appel au renforcement des garanties africaines pour stimuler l’investissement.

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William Ruto, Sidi Ould Tah, Manuel Moses et les principaux responsables financiers africains réunis à Nairobi lors de la 26ᵉ Assemblée générale annuelle d’ATIDI, marquée par la célébration des 25 ans de l’organisation.

William Ruto, Sidi Ould Tah, Manuel Moses et les principaux responsables financiers africains réunis à Nairobi lors de la 26ᵉ Assemblée générale annuelle d’ATIDI, marquée par la célébration des 25 ans de l’organisation.

Par Fortuné DOTIN

Réunie à Nairobi du 30 juin au 3 juillet 2026 pour sa 26ᵉ Assemblée générale annuelle, l’Assurance pour le Développement du Commerce et de l’Investissement en Afrique (ATIDI) a marqué son jubilé d’argent avec un message central : renforcer les mécanismes africains de garantie pour libérer davantage de capitaux au service du développement du continent.

Placée sous le thème « Renforcer l’Afrique : Risques maîtrisés, Croissance stimulée », cette rencontre a également été l’occasion pour les dirigeants africains de réaffirmer l’importance des institutions financières continentales dans un contexte marqué par la hausse des besoins en infrastructures, la pression sur les finances publiques et la persistance d’une perception élevée du risque africain.

Au cours du dîner de gala organisé par le président kényan William Ruto pour célébrer les 25 ans d’ATIDI, le chef de l’État a appelé l’Afrique à construire ses propres instruments financiers afin de réduire sa dépendance aux mécanismes extérieurs. « L’Afrique ne souffre pas d’un manque de capitaux. Elle souffre plutôt d’un manque d’institutions capables de transformer les risques, de mobiliser l’épargne et de la canaliser vers des investissements productifs », a déclaré William Ruto.

Selon lui, le continent dispose d’environ 4.000 milliards de dollars d’épargne nationale à long terme, notamment à travers les fonds de pension, les assurances et les réserves des banques centrales. Une grande partie de ces ressources reste toutefois investie hors d’Afrique, alors que le continent fait face à un déficit annuel de financement estimé à plus de 400 milliards de dollars.

ATIDI, un acteur central de la nouvelle architecture financière africaine

Au-delà de la célébration anniversaire, les discussions de Nairobi ont confirmé le rôle stratégique pris par ATIDI dans l’écosystème financier africain. L’institution figure parmi les acteurs appelés à soutenir la Nouvelle architecture financière africaine pour le développement (NAFAD), une initiative visant à renforcer les mécanismes de partage des risques et à accroître la mobilisation des capitaux domestiques.

Cette dynamique repose notamment sur l’Alliance des institutions financières multilatérales africaines (AAMFI), qui réunit plusieurs acteurs majeurs comme la Banque africaine de développement (BAD), Afreximbank, Africa Finance Corporation et ATIDI. Le président kényan a annoncé que son pays accueillerait le secrétariat de cette alliance à Nairobi et a insisté sur la nécessité de renforcer la capacité financière d’ATIDI.

Il a appelé les États membres à soutenir une recapitalisation de l’institution à hauteur de 2 milliards de dollars, estimant que chaque dollar investi dans l’architecture africaine de garantie pourrait permettre de mobiliser dix dollars supplémentaires de capitaux privés. « Au sein de cette alliance, ATIDI occupe une place stratégique singulière. L’investissement découle de la confiance, et la confiance elle-même découle d’une atténuation crédible des risques », a souligné William Ruto.

Le Kenya, qui constitue l’un des marchés majeurs d’ATIDI, a par ailleurs annoncé son intention d’augmenter progressivement sa participation au capital de l’institution, de 25 à 65 millions de dollars. Depuis son intervention dans le pays, les solutions de garantie d’ATIDI ont contribué à mobiliser plus de 7 milliards de dollars d’investissements dans plusieurs secteurs, notamment l’énergie, les transports, l’industrie manufacturière, l’agriculture et le commerce.

Des performances financières qui confortent son modèle

Créée il y a 25 ans, ATIDI revendique aujourd’hui une place de plateforme panafricaine de garantie dédiée à la réduction des risques liés aux investissements. L’institution indique avoir mobilisé plus de 93 milliards de dollars d’investissements privés sur le continent grâce à ses solutions d’assurance contre les risques politiques et d’assurance-crédit.

Son réseau s’est également considérablement élargi. D’une structure fondée par sept pays, ATIDI compte désormais 24 États membres africains, 13 actionnaires institutionnels et un État membre non africain. L’organisation conserve par ailleurs une notation « investment grade » auprès des principales agences internationales.

Lors de l’Assemblée générale, Manuel Moses, directeur général d’ATIDI, a insisté sur la nécessité de préserver cet héritage construit autour de la confiance.  « Nous avons bâti notre succès sur notre capacité à allier des normes de classe mondiale à une connaissance poussée des marchés africains, en concevant des solutions qui reflètent les réalités locales tout en répondant aux attentes des investisseurs internationaux », a-t-il déclaré.

Les résultats financiers enregistrés en 2025 viennent conforter cette trajectoire. L’exposition totale d’ATIDI est passée de 8,9 milliards de dollars en 2024 à 9,2 milliards de dollars. Son résultat net annuel a progressé de 20% pour atteindre 71,4 millions de dollars, tandis que son total bilan a augmenté de 20% à 1,06 milliard de dollars. Ses capitaux propres ont également progressé de 12% pour atteindre 883 millions de dollars.

Pour Manuel Moses, ces performances traduisent la solidité du modèle malgré un environnement international incertain. « ATIDI a connu une nouvelle année de croissance résiliente en 2025, avec des résultats solides tant au niveau des recettes d’assurance que des revenus d’investissement et des capitaux propres », a-t-il expliqué.

La BAD mise sur les garanties pour libérer le capital africain

Les dirigeants présents à Nairobi ont également insisté sur la nécessité d’une implication accrue du secteur privé dans le financement du développement africain.

Le président de la Banque africaine de développement, Sidi Ould Tah, a rappelé que le défi du continent ne résidait pas uniquement dans la disponibilité des capitaux, mais dans la capacité à réduire la perception du risque afin d’attirer davantage d’investissements. « Le défi auquel nous sommes confrontés ne tient pas tant au manque de capitaux ou d’opportunités, qu’à une évaluation inadéquate et persistante du risque africain », a-t-il déclaré.

La BAD a récemment décidé de multiplier par cinq sa participation au capital d’ATIDI, devenant ainsi son principal actionnaire. L’institution entend également accompagner l’élargissement du nombre de pays membres d’TIDI afin de renforcer la couverture africaine des mécanismes de garantie.

Pour Sidi Ould Tah, les garanties et le financement mixte doivent permettre aux institutions africaines de passer d’un rôle classique de financement à celui de catalyseur d’investissement. « Nous voulons être la banque qui apporte des solutions pour l’Afrique que nous voulons », a-t-il affirmé.

À travers son 25ᵉ anniversaire, ATIDI confirme ainsi son ambition de devenir un levier majeur de mobilisation des capitaux privés en Afrique en transformant le risque en opportunité d’investissement.

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