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Image d’illustration: Discussions lors du SIPEN-UEMOA 2026 à Ouagadougou
Par Assou AFANGLO
Alors que l’intelligence artificielle transforme les économies mondiales, l’UEMOA cherche à réduire son retard numérique. Le SIPEN-UEMOA 2026 ambitionne de placer l’IA, les fintech et l’inclusion financière au centre de la prochaine phase de développement régional.
L’UEMOA cherche un nouveau modèle numérique de croissance
Du 13 au 15 juillet 2026, Ouagadougou accueillera la quatrième édition du Salon international des professionnels de l’économie numérique de l’UEMOA (SIPEN-UEMOA). Organisé par la Fédération des acteurs du numérique du Burkina Faso en partenariat avec le ministère de la Transition digitale, des Postes et des Communications électroniques, l’événement veut devenir un espace de réflexion sur l’avenir numérique de la région. Placée sous le thème « Refonder l’économie numérique au sein de l’UEMOA : IA, Fintech et Finance inclusive », cette édition réunira près de 1 000 participants et une cinquantaine d’exposants autour des technologies qui transforment progressivement les modèles économiques. Au-delà d’un rendez-vous professionnel, le SIPEN-UEMOA intervient dans un contexte où les pays africains cherchent à accélérer leur transformation digitale pour améliorer leur productivité, moderniser leurs administrations et renforcer l’accès aux services financiers.
L’enjeu est stratégique : dans une économie mondiale où la donnée, l’intelligence artificielle et les infrastructures numériques deviennent des facteurs majeurs de compétitivité, les pays qui tardent à investir dans ces secteurs risquent d’accumuler un retard difficile à combler.
Intelligence artificielle : l’UEMOA doit encore combler son retard
L’intelligence artificielle constitue l’un des principaux défis technologiques pour les économies africaines. Selon plusieurs analyses sectorielles, le continent représente encore moins de 1 % de la production mondiale en matière d’intelligence artificielle, malgré une accélération des investissements dans certains pays. Dans l’espace UEMOA, le développement reste encore limité. Les pays de l’Union ne concentreraient qu’une faible part des entreprises africaines spécialisées dans l’IA, derrière les principaux pôles continentaux que sont l’Afrique du Sud, le Nigeria, l’Égypte ou encore le Kenya. Cette situation reflète plusieurs contraintes : manque d’infrastructures numériques avancées, déficit de compétences spécialisées, faibles investissements privés dans la recherche technologique et accès limité aux données nécessaires au développement des solutions d’intelligence artificielle.
Certains pays commencent toutefois à structurer leurs stratégies nationales. Le Bénin, le Sénégal et la Côte d’Ivoire figurent parmi les États africains ayant engagé des démarches spécifiques autour de l’intelligence artificielle. Pour l’UEMOA, le défi consiste désormais à transformer ces initiatives nationales en une dynamique régionale capable de favoriser l’émergence d’un écosystème numérique intégré.
Les fintech, moteur immédiat de l’inclusion financière régionale
Si l’intelligence artificielle représente un enjeu de long terme, les fintech constituent déjà un levier concret de transformation économique dans la région. Grâce au mobile money, aux paiements numériques et aux solutions de crédit digital, ces nouveaux acteurs contribuent à élargir l’accès aux services financiers pour des populations longtemps éloignées du système bancaire traditionnel. Dans l’UEMOA, l’inclusion financière a atteint 73,6 % en 2024 selon les données de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO). Cette progression repose largement sur l’essor des services financiers numériques.
Les fintech répondent également aux besoins des petites entreprises, des travailleurs indépendants et des populations rurales en proposant des solutions plus accessibles que les circuits bancaires classiques. L’Union prévoit d’ailleurs de renforcer cette dynamique à travers son nouveau cadre stratégique pour la période 2025-2030, avec l’objectif d’améliorer davantage l’accès aux services financiers pour les femmes, les jeunes, les PME et les populations rurales.
Le numérique comme nouvel enjeu de souveraineté économique
Avec cette édition consacrée à l’IA, aux fintech et à la finance inclusive, le SIPEN-UEMOA place une question centrale au cœur des débats : comment faire du numérique non plus seulement un outil d’accès aux services, mais un véritable moteur de croissance ?
Pour les économies ouest-africaines, la transformation numérique représente désormais un enjeu de souveraineté économique. Elle touche autant la compétitivité des entreprises que la capacité des États à améliorer leurs services publics et à attirer des investissements technologiques. Les conclusions attendues à Ouagadougou devront donc dépasser les déclarations d’intention. L’enjeu sera de définir des mécanismes capables de transformer l’innovation numérique en création de valeur économique durable pour l’ensemble de l’espace communautaire.






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