
À gauche, Sidi Ould Tah, président de la Banque africaine de développement (BAD), et à droite, Serge Ekué, président de la Banque ouest-africaine de développement (BOAD), lors de leur rencontre à Lomé.
Par Assou AFANGLO
Le vendredi 3 juillet 2026, Serge Ekué, président de la Banque ouest-africaine de développement (BOAD), a reçu en audience, au siège de l'institution à Lomé, Sidi Ould Tah, président de la Banque africaine de développement (BAD), sous le signe du renforcement du partenariat entre les deux institutions.
D'après la BOAD, les échanges ont porté sur les principaux dossiers de coopération en cours. Une volonté commune de consolider le partenariat stratégique entre les deux institutions au service du développement durable de l'UEMOA s'est affichée. « Je suis heureux d'avoir reçu mon frère et ami Sidi Ould Tah. Nos échanges ont porté sur le renforcement du partenariat stratégique et la revue des dossiers de coopération, au service du développement durable de l'UEMOA », a écrit Serge Ekué à l'issue de l'entretien.
Les deux parties se félicitent des progrès enregistrés dans les opérations conjointes ainsi que de la qualité de la collaboration entre leurs équipes.
Une coopération appelée à franchir un nouveau cap
Cette rencontre s'inscrit dans un séjour togolais du président de la BAD amorcé la veille, jeudi 2 juillet, par un entretien avec le président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, consacré au portefeuille des projets de la BAD au Togo et aux perspectives de coopération pour les cinq prochaines années.
Au-delà des échanges institutionnels, la rencontre entre les deux dirigeants met en lumière la complémentarité croissante entre deux acteurs majeurs du financement du développement en Afrique de l'Ouest. La BOAD et la BAD partagent des objectifs communs autour du financement des infrastructures, de la transformation économique et de la mobilisation de ressources au profit des États et du secteur privé.
BOAD pour l'UEMOA, BAD pour toute l'Afrique : une synergie au service du développement
La Banque ouest-africaine de développement (BOAD) agit comme l'institution de financement du développement de l'UEMOA, en accompagnant les États et le secteur privé dans la réalisation de projets structurants au sein de l'espace communautaire.
La Banque africaine de développement (BAD), quant à elle, intervient à l'échelle du continent africain. Elle mobilise des ressources importantes pour financer des infrastructures, soutenir l'intégration régionale, renforcer la résilience climatique et accélérer la transformation économique des pays africains.
En chiffres, la Banque africaine de développement comptait en 2025 81 pays membres, dont 54 pays africains et 27 pays non africains, avec plus de 3 000 projets actifs à travers le continent.
Ses engagements annuels de plusieurs milliards de dollars portent notamment sur le financement des infrastructures, l'énergie, l'agriculture, le secteur privé, l'eau et les transports.
De son côté, la Banque ouest-africaine de développement est une banque de développement commune aux huit États membres de l'UEMOA. Elle a financé plusieurs centaines de projets dans les domaines des infrastructures, de l'énergie, de l'agriculture, de la santé, de l'éducation et du secteur privé dans l'espace communautaire.
Le partenariat entre les deux institutions ne date pas d'hier. La Banque arabe pour le développement économique en Afrique (BADEA), dirigée par Sidi Ould Tah de 2015 à 2025, a pris fin 2023 une participation au capital de la BOAD à hauteur de 30 millions de dollars et accordé un prêt de 500 millions de dollars aux États membres de l'UEMOA pour soutenir l'augmentation de capital de 1,5 milliard de dollars engagée par la banque régionale.
La BAD, elle-même présente au capital de la BOAD depuis 1988, a renforcé son engagement en injectant 24 millions de dollars supplémentaires en 2024.
En conjuguant leurs expertises et leurs capacités financières, la BOAD et la BAD renforcent ainsi une complémentarité stratégique au service du développement régional. Cette dynamique pourrait ouvrir la voie à de nouveaux mécanismes de financement communs, notamment dans les secteurs de l'énergie, des infrastructures et du numérique, ainsi qu'à des dispositifs de garantie destinés à attirer davantage d'investissements privés.

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