
La BAD et le Japon renforcent leur partenariat pour mobiliser les capitaux.
Par Fortuné DOTIN
Le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) et le Japon renforcent leur collaboration afin d’orienter davantage de capitaux privés vers les économies africaines, de développer des infrastructures de qualité et d’accompagner les pays du continent dans la préparation et la mise en œuvre de leurs projets.
Ce partenariat combine des financements concessionnels, des investissements du secteur privé, la préparation de projets, l’assistance technique, le renforcement du capital humain et le partage de connaissances. Cette approche doit permettre aux pays africains de concevoir des projets bancables, de réduire les risques liés à leur mise en œuvre et de mieux connecter leurs priorités nationales de développement aux chaînes de valeur régionales et mondiales.
En effet, cette méthodologie s’inscrit dans les priorités communes du Japon et de la BAD en matière d’infrastructures de qualité, de chaînes d’approvisionnement résilientes, de développement du secteur privé et de renforcement des capacités institutionnelles. Elle s’appuie également sur les engagements pris lors de la neuvième Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique (TICAD 9), organisée en août 2025 à Yokohama, où les dirigeants japonais et africains avaient mis l’accent sur la mobilisation des capitaux privés et le renforcement des liens économiques.
Promouvoir le financement du secteur privé
Dans sa note officielle, la BAD rappelle que le Fonds africain de développement (FAD) répond aux priorités nationales des pays africains à travers des financements concessionnels. Parallèlement, l’Initiative d’assistance renforcée au secteur privé en Afrique (EPSA) constitue une plateforme dédiée au développement des investissements privés sur le continent.
Lancée en 2005 par le Japon et le Groupe de la Banque africaine de développement, l’EPSA demeure aujourd’hui le principal mécanisme conjoint de soutien au secteur privé en Afrique. Sa sixième phase, conclue en marge de la TICAD 9, vise à mobiliser 5,5 milliards de dollars de cofinancements entre 2026 et 2028.
À fin décembre 2025, les contributions cumulées du Japon à l’EPSA s’élevaient à 7,4 milliards de dollars. Ces ressources ont notamment soutenu des secteurs stratégiques tels que l’énergie, les transports, la santé, la connectivité, l’agriculture et la nutrition.
Par ailleurs, le Fonds d’assistance au secteur privé africain (FAPA) accompagne la préparation des projets, le renforcement des entreprises et l’amélioration des conditions de participation du secteur privé.
Depuis 2005, le FAPA a bénéficié de 128 millions de dollars de contributions japonaises. À ce jour, il a financé 111 projets pour un montant total de 86,8 millions de dollars, en soutenant notamment la préparation de projets, les technologies propres, les normes de qualité ainsi que le développement des micros et petites entreprises, des start-up et des incubateurs d’entreprises.
BAD-Japon, un partenariat de longue date
Le partenariat entre le Japon et la Banque africaine de développement remonte à plus de 40 ans. Le Japon a rejoint le Fonds africain de développement en 1973 avant d’intégrer la Banque africaine de développement en 1982.
Cette coopération a franchi une nouvelle étape en 2005 avec le lancement de l’Initiative d’assistance renforcée au secteur privé en Afrique (EPSA), devenue depuis l’un des principaux mécanismes conjoints de financement du secteur privé sur le continent.
La prochaine étape sera désormais consacrée à la mise en œuvre des projets. Pour le Japon, le Groupe de la Banque africaine de développement constitue une plateforme multilatérale de confiance pour promouvoir ses priorités de développement et renforcer sa présence sur les marchés africains à forte croissance.
Pour les pays africains, cette coopération doit faciliter l’accès à des financements de long terme, à une expertise technique, au renforcement des capacités institutionnelles et à des réseaux d’investisseurs privés afin de transformer les priorités de développement en projets concrets.
Cette dynamique s’inscrit dans la Stratégie décennale 2024-2033 du Groupe de la Banque africaine de développement ainsi que dans le programme de réforme porté à travers les « Quatre Points cardinaux » du président Sidi Ould Tah. https://www.afdb.org/fr/propos/structure-organisationnelle/le-president/la-vision-du-president du président Ould Tah.









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