
Bassirou Diomaye Faye, Président de la République du Sénégal
La souveraineté alimentaire prend une nouvelle dimension au Sénégal. À travers son plaidoyer pour une agriculture fondée sur la recherche, l’innovation et la technologie, le Président Bassirou Diomaye Faye défend une transformation plus profonde : celle d’une économie capable de produire, de transformer et de créer davantage de valeur localement.
Dans le discours du Président Bassirou Diomaye Faye, la souveraineté alimentaire. n’est plus seulement présentée comme une réponse aux difficultés d’approvisionnement ou à la dépendance aux marchés internationaux. Elle devient un pilier d’une stratégie de transformation économique. Une orientation qui s’inscrit dans la vision portée par l’Agenda national de Transformation Sénégal 2050, qui ambitionne de construire une économie plus productive, plus compétitive et moins dépendante des importations.
Avec un secteur agricole qui représente environ 17% du produit intérieur brut (PIB) et qui mobilise une grande partie de la population active, le Sénégal dispose d’un potentiel économique important. Mais cette contribution reste encore limitée par les faiblesses structurelles du modèle agricole, notamment la dépendance aux importations, la faible transformation locale et la difficulté à capter davantage de valeur ajoutée. La souveraineté alimentaire apparaît ainsi comme un levier pour renforcer la compétitivité de l’économie nationale.
La dépendance alimentaire, une facture économique importante
La question alimentaire représente aujourd’hui un enjeu macroéconomique majeur. Chaque année, le Sénégal consacre plusieurs centaines de milliards de francs Cfa à l’importation de produits alimentaires. Riz, blé, huiles, produits laitiers ou encore certains fruits et légumes continuent d’occuper une place importante dans la facture extérieure du pays.
Cette dépendance crée une double vulnérabilité. D’une part, elle expose l’économie sénégalaise aux fluctuations des cours internationaux, comme cela a été observé lors des crises mondiales liées à la pandémie de Covid-19 puis au conflit russo-ukrainien. D’autre part, elle exerce une pression sur les réserves en devises et limite la capacité du pays à conserver localement une partie de la richesse générée par la consommation alimentaire.
Le cas du riz illustre cette problématique. Malgré les efforts réalisés dans la vallée du fleuve Sénégal et les progrès enregistrés dans la production locale, le pays reste encore largement dépendant des importations pour satisfaire sa consommation nationale.
Passer d’une économie de production à une économie de transformation
L’un des éléments majeurs du discours présidentiel réside dans l’accent mis sur les chaînes de valeur. Aujourd’hui, une partie du potentiel économique des filières agricoles sénégalaises reste limitée par l’insuffisance des infrastructures de stockage, de transformation et de commercialisation. Pourtant, les opportunités demeurent importantes.
La transformation industrielle du riz, de l’arachide, des fruits et légumes, des produits halieutiques ou encore des cultures horticoles pourrait favoriser l’émergence d’un tissu agro-industriel national. Cette évolution permettrait de créer des emplois non seulement dans les exploitations agricoles, mais également dans l’industrie, la logistique, la distribution et les services associés.
Un investissement stratégique dans la connaissance
Cette ambition pose aussi la question du financement de la recherche. Pour réussir sa transformation agricole, le Sénégal devra renforcer ses investissements dans la recherche-développement et développer davantage les capacités de ses instituts spécialisés. L’Institut sénégalais de recherches agricoles (ISRA), les universités et les centres d’innovation auront un rôle central à jouer dans cette stratégie.
Mais seul l’État ne pourra pas porter cette ambition. Le secteur privé, les investisseurs, les partenaires techniques et la diaspora scientifique devront également contribuer à construire un écosystème d’innovation agricole.
La science et l’innovation au cœur de la compétitivité agricole
Cette transformation du modèle agricole repose également sur un autre pilier mis en avant dans le discours présidentiel : la recherche scientifique. Pour Bassirou Diomaye Faye, la science doit désormais être considérée comme un levier essentiel de compétitivité agricole.
L’agriculture sénégalaise doit ainsi entrer dans une nouvelle phase, celle de la donnée, de la technologie et de l’innovation. Agriculture de précision, amélioration génétique des semences, maîtrise de l’eau, solutions numériques pour les producteurs, intelligence artificielle appliquée aux prévisions climatiques : autant d’outils susceptibles d’améliorer les rendements et de renforcer la résilience face au changement climatique.
Cette ambition ne pourra toutefois produire des résultats qu’à condition de mieux connecter la recherche aux réalités du terrain. Le défi consiste désormais à transformer les avancées scientifiques en solutions concrètes et accessibles aux producteurs, notamment aux petites exploitations familiales qui occupent une place centrale dans le tissu agricole national.











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