Par Claudia Kenou
Leopold Adjakpa Abilé - Directeur Exécutif du Conseil des investisseurs Privés au Bénin (CIPB)
Le développement des Nations dépend uniquement d’un fait immatériel : la mentalité de chaque peuple. Aucun pays n’est voué au sous-développement. Oui le Bénin a les bases nécessaires pour repenser et enclencher son développement. Nous devenons ce que nous pensons. Le rôle clé est donc dans notre mentalité.
Lorsque l’on fait l’état des lieux au sein de nos entreprises, il y a des constantes : la gestion du temps (les retards au travail – les réunions qui ne démarrent jamais à l’heure), la non appartenance à l’entreprise qui se traduit par l’impression que les travailleurs viennent uniquement pour le salaire, donc à la recherche d’un intérêt personnel différent de celui de l’entité qui les emploie.
La conséquence directe est une adhésion très limitée à l’organisation. L’indifférence au travail bien fait/l’absence de fierté pour ce qu’on fait, la banalité du délictueux et surtout la méfiance par rapport à l’environnement. La méfiance réciproque empêche toute association fructueuse. Il est urgent de pouvoir corriger ou au moins atténuer ces comportements qui empêchent la production de richesses qui nous sortira de notre situation actuelle.
De nombreuses initiatives ont été prises pour soutenir l’entrepreneuriat et favoriser la croissance des PME. D’autres ont réussi, et d’autres ont donné des résultats mitigés. Je ne donnerai pas une nouvelle initiative mais il est souhaitable que toute approche soit holistique et tienne compte de l’interaction entre les facteurs internes et externes, de nos mentalités afin que le développement soit transformateur et fasse progresser le bien être durable des béninois. Nous saluons la création et la mise en œuvre effective de l’Agence de Développement des Petites et Moyennes Entreprises. Nous espérons que la létalité des entreprises baissera de façon significative. S’informer pour se former afin d’agir. Connaître les règles du marché, ses exigences avant de se lancer dans la création, la production, la distribution et la livraison. Privilégier l’industrie au commerce.
Quelques sujets de préoccupation qui pris en compte pourraient aider à lever les obstacles à l’industrialisation
• Mise en place du certificat d’origine communautaire sécurisé et authentique afin de limiter au mieux les intentions de fraude
Dans ce but, mettre en place immédiatement un Groupe de Travail Secteur Public - Secteur Privé, compte-tenu des graves dommages aux entreprises.
• Exiger la facture normalisée pour tous les produits estampillés NAFDAC entre autres, et pour tous les produits signalés par nos opérateurs économiques
• Clarifier la situation fiscale et douanière des entreprises installées à Glo-Djigbé
Les produits intermédiaires (Il serait utile que la douane se rapproche systématiquement des industriels pour une compréhension du processus de production impliquant un produit intermédiaire).
• Fraudes sur Valeurs transactionnelles
Mise en place d’une cellule de veille regroupant Benin Control, la Direction Générale des Douanes et tout opérateur concerné.
• Qualité des Produits importés
Les produits doivent être contrôlés par COTECNA. Des actions sur le terrain doivent être menées en appui. La liste des produits contrôlés par COTECNA doit correspondre à la liste des produits fabriqués localement et contrôlés par l’ABSSA.
• Protéger notre marché intérieur
S’assurer que tout ce qui rentre est de bonne qualité et pouvoir aussi les tracer comme les produits de chez nous. Il en va de la santé publique des consommateurs.
Sans énergie, il n’y aurait pas d’eau potable, pas d’hôpitaux, pas d’écoles, pas de logements, pas de moyens de transport, pas de télécoms, pas d’Internet et pas d’industrie. Ce besoin vital pour notre économie exige que l’on pense à d’autres sources d’énergie (les mini centrales nucléaires, la géothermie, le rayonnement solaire).
Quels sont les impacts des incitations fiscales sur le développement des PME et des start-ups ?
Les incitations fiscales auront un impact positif dans un environnement où règne moins de corruption et un civisme fiscal. La fraude fiscale et la corruption sont souvent de grandes complices comme la pauvreté est inséparable des inégalités sociales structurelles. Un grand effort est fait actuellement dans ce sens et nous devons l’encourager.
Les start-ups ont besoin d’accès au marché. Ce qui n’est pas toujours possible aujourd’hui. Mettre en place de « la startup act du Bénin » et qu’elle soit réellement mise en œuvre de façon efficace. Un suivi régulier des actions et des résultats rendus publics serait un atout. Certains pays l’ont mis en place sans grands succès tandis que d’autres pays comme la Tunisie ont réussi à labelliser des startups. Il faut donc des incubateurs capables d’offrir un accompagnement sur-mesure essentiel pour transformer une idée novatrice en une startup viable et prospère.