D’après le dernier classement de Global Fraud Index 2025 publié le 9 octobre 2025 par Sumsub, une plateforme internationale de vérification d’identité en partenariat avec Statista et plusieurs associations internationales, l’Afrique est la région la plus vulnérable selon les indices. Cet espace géographique peine à asseoir des mécanismes efficaces en matière de lutte contre les tromperies numériques.
Au plan continental, l’espace africain enregistre un score de 3,84 points contre 2,79 points au niveau mondial. Ce qui traduit sa fragilité persistante en raison de la faiblesse de ses infrastructures, de ses cadres réglementaires et de ses ressources institutionnelles. Néanmoins, quelques pays se démarquent. Il s’agit notamment de l’île Maurice, du Botswana et du Maroc, qui se présentent comme les pays africains les mieux préparés contre la criminalité numérique.
Top 3 africain
Premier du classement africain et 22ᵉ au plan mondial, l’île Maurice vient en tête comme le pays africain le plus résilient contre la fraude numérique avec un score global de 1,8 point. Ce territoire se caractérise par une faible prévalence d’activités frauduleuses (0,27 point), une bonne santé économique (0,49 point) et un arsenal institutionnel solide (0,52 point). Sa seule faiblesse est l’accès limité aux ressources techniques et humaines dédiées à la lutte antifraude (1,56 point). Le Botswana en deuxième position avec 2,29 points au plan continental et 46ᵉ mondial, suivi du Maroc, 50ᵉ mondial. Après le trio, viennent la Tunisie (67ᵉ), l’Afrique du Sud (74ᵉ), l’Égypte (79ᵉ), le Ghana (88ᵉ), l’Algérie (90ᵉ), le Zimbabwe (92ᵉ) et le Sénégal (94ᵉ), pour clore le Top 10 africain.
Indice mondial de compréhension et de prévention de la fraude
Le Global Fraud Index 2025 s’est appesanti à la fois sur les données internes de Sumsub (plus d’un million de vérification d’identité effectuée chaque jour et sur des ressources externes sûres d’institutions comme la Banque mondiale, Oxford Insights ou encore de Transparency International). Ceci dans le but de d’évaluer la faiblesse de 112 pays face aux risques de fraude numérique. Son indice repose sur quatre grands piliers fondamentaux que sont : les activités frauduleuses qui comptent pour 50% du score total, l’accessibilité des ressources (20%), l’intervention gouvernementale (20%) et la santé économique (10%). Des critères qui tiennent compte des éléments tels que le taux de fraude, les politiques de lutte contre le blanchiment d’argent, la cybersécurité, la vitesse d’Internet, la préparation à l’IA ou encore le niveau de vie des populations.
Ces indicateurs prennent exemple du modèle du «triangle de la fraude» qui allient pression, opportunité et rationalisation. Ils mettent en relief les conditions favorables à la prolifération des pratiques frauduleuses à l’ère numérique. Ainsi, d’après les résultats, plus le score d’un pays est faible, mieux il est protégé contre la fraude. En somme, l'Afrique est le continent le plus contrasté bien qu’elle ait enregistré quelques progrès notables dans certains pays. Mais la plupart reste assujettie à la fraude en ligne, faute de moyens techniques, juridiques et institutionnels suffisants.
L’Europe, figure de proue
Le continent européen est l’un des espaces où la lutte contre les fraudes numériques a pris ses marques. Au plan mondial, les pays européens dominent le classement. Le Luxembourg, le Danemark, la Finlande, la Norvège et les Pays-Bas s’alignent comme des nations les plus sûres en matière de lutte contre la fraude numérique. Ils confirment le bon rapport entre gouvernance efficace, infrastructures numériques et niveau de protection élevé.