Par Claudia Kenou
À Cotonou, la clôture du programme Netherlands Trust Fund V (NTF5) s’est tenue comme un symbole : sobre mais structurée, marquant la fin d’un cycle de quatre années d’accompagnement de l’écosystème numérique béninois.
Piloté par le Centre du Commerce International (ITC), une agence conjointe des Nations Unies et de l’Organisation mondiale du commerce, et financé par le ministère des Affaires étrangères des Pays-Bas, NTF5 a ciblé le renforcement du secteur numérique dans sept pays africains. Au Bénin, l’approche a été holistique, alliant réforme institutionnelle, soutien aux structures d’appui à l’innovation, et accompagnement direct des startups.
Un programme à trois niveaux
«Il ne s’agissait pas uniquement de former ou de conseiller des entrepreneurs, mais de structurer l’écosystème dans son ensemble», explique Haifa Ben Salem, chargée associée du projet NTF5 FastTrackTech à l’ITC. Le programme a d’abord œuvré auprès des pouvoirs publics, notamment à travers l’accompagnement du Start-up Act, un texte clé pour encadrer l'entrepreneuriat technologique.
En parallèle, les hubs technologiques ont bénéficié de formations et d’un soutien stratégique. Future Studio a ainsi pu lancer son programme d’incubation, et la Fédération Béninoise des Structures d’Appui à l’Entrepreneuriat Innovant (FedSAEI) a été dotée d’un cadre de gouvernance renforcé.
Enfin, l’accompagnement direct a touché 1.180 bénéficiaires, dont près de 1.000 formés sur des thématiques allant du marketing digital à la gestion de données. Les résultats sont tangibles : 716 entreprises affirment avoir amélioré leurs opérations, et plus de 3.000 utilisateurs finaux ont été identifiés sur les plateformes numériques créées par les start-ups soutenues.
Un impact commercial mesurable
NTF5 a permis à plusieurs jeunes pousses béninoises de se projeter au-delà des frontières. En participant à 17 événements internationaux, du Mobile World Congress en Espagne à Vivatech à Paris, les startups de la cohorte ont généré près de 3,5 millions de dollars US en contrats commerciaux et levé plus de 130.000 dollars US en investissements.
Pour Sandra Dossa, représentante de l’ambassade du Royaume des Pays-Bas à Cotonou, cet engagement s’inscrit dans une vision plus large : «Notre coopération repose sur des valeurs partagées: l’inclusion, la durabilité, l’innovation. NTF5 a été une pièce maîtresse dans cette dynamique.»
Et après ?
Alors que la phase actuelle du programme s’achève, les partenaires plaident pour une suite. « Même si ce n’est pas sous le même nom, il est crucial de maintenir l’élan », souligne Dossa. Une position partagée par les acteurs locaux, pour qui les acquis du programme doivent s’inscrire dans la durée.
Dans un pays où l’économie numérique est encore en structuration, l’enjeu désormais est de capitaliser sur cette dynamique. Et, peut-être, d’écrire les premières lignes d’un NTF6.