Par Claudia Kenou
Entre fantasmes de surveillance et défis d’inclusion, Celtiis choisit la transparence. Accusée dans l’imaginaire collectif d’être l’oreille secrète de l’État, soupçonnée de traquer, d’enregistrer ou d’épier ses utilisateurs, l’opérateur télécom a lancé, le jeudi 17 juillet, une initiative d’ouverture inédite baptisée Celtiis Open Day Médias, dans l’objectif d’instaurer un dialogue direct avec la presse et démystifier son fonctionnement.
Le jeudi 17 juillet 2025, dans le cadre de l’événement Celtiis Open Day Médias, le siège du premier opérateur global du Bénin à Cotonou a ouvert ses portes à une délégation de journalistes. Une immersion guidée et sans filtre a été conduite par Hermann Lanse, directeur de la transformation, du digital, des médias et de la Rse, avec pour objectif affiché de permettre aux professionnels des médias de découvrir de l’intérieur les infrastructures stratégiques, les métiers et les engagements humains qui structurent Celtiis. À travers cette initiative inédite dans le paysage télécom béninois, Celtiis entend restaurer un lien de confiance avec l’opinion publique, tout en assumant pleinement son rôle dans l’écosystème numérique du pays. L’entreprise souhaite ainsi démontrer son implication dans une transformation digitale inclusive, fondée sur des principes de responsabilité et de transparence.
Dès les premières heures de la journée, la presse locale a été invitée à plonger au cœur des infrastructures qui soutiennent la connectivité nationale. La visite du site d’atterrissement du câble ACE à Cotonou, a révélé l’ampleur des opérations de connectivité internationale, entre supervision continue, maintenance rigoureuse et dispositifs de redondance. Connecté à l’un des plus importants câbles sous-marins reliant l’Europe à l’Afrique australe, le Bénin dispose, grâce à cette infrastructure, d’une autoroute numérique vitale, autant pour sa souveraineté que pour sa compétitivité. «Ce que nous faisons ici est invisible, mais vital. Une panne en mer peut coûter plusieurs centaines de milliers d’euros et nécessite des interventions longues et complexes. Ce n’est pas un détail technique, c’est un enjeu stratégique», a précisé Yves Batchioumba, responsable du Centre ACE.
La suite de la visite a mené au centre national de supervision de la SBIN, réseau géré par son partenaire HUAWEI. Dans ce centre ultra-sécurisé, doté de capacités d’intelligence artificielle, les ingénieurs béninois, appuyés par des experts internationaux, assurent la supervision en temps réel de l’ensemble du réseau. Le système permet, selon les explications recueillies sur place, de détecter les incidents avant qu’ils n’impactent les utilisateurs, avec un délai d’intervention ramené sous une heure à l’échelle nationale. Plus de 4.000 actions préventives y sont menées chaque mois, dans une logique d’anticipation, de performance continue et de transfert de compétences. La souveraineté numérique s’y construit, loin du tumulte, à force de rigueur, d’expertise et de vision technique.
Dans cette dynamique, la voix d’Alain Gouhizoun, directeur du Réseau et des Plateformes de Services chez Celtiis, résonne comme un appel à l’appropriation collective. Aucun béninois, aucune béninoise, ne doit rester sans accès au réseau. Qu’il s’agisse de la couverture internet ou de la téléphonie mobile, le mot d’ordre est clair: personne ne doit être laissé en marge. L’opérateur Celtiis, bras commercial de la SBIN, se positionne comme l’incarnation de cette ambition inclusive. «Nous sommes là pour ça. Et nous militons chaque jour pour que tout le monde soit satisfait», martèle-t-il.
Mais Celtiis ne s’est pas contenté de dévoiler ses atouts technologiques. En deuxième partie de journée, place aux sessions chronotalks, format innovant d’échanges à taille humaine. Répartis en groupes restreints, les participants ont pu explorer, pendant quinze minutes chacun, dix thématiques clés avec des experts de la maison. Comment fonctionne un appel? Qu’est-ce que l’éthique des données? En quoi la cybersécurité devient-elle un enjeu quotidien? Quel est l’impact du Celtiis cash sur l’inclusion numérique? Autant de questions abordées dans une logique de pédagogie active et de décloisonnement. «Nous avons voulu rendre nos métiers lisibles, accessibles à tous, même aux profanes».
Le Directeur Général de Celtiis, Omar Gueye Ndiaye, a tenu à replacer cette démarche dans le contexte plus large d’un repositionnement stratégique de l’opérateur. Né dans un marché dynamique, Celtiis se veut aujourd’hui le fer de lance d’un nouveau modèle: un opérateur global multiservices, capable d’adresser tous les segments, particuliers, entreprises, institutions, État. «Nous sommes désormais l’opérateur mobile qui capte le plus de nouveaux abonnés, avec une part significative issue des jeunes actifs et des étudiants, grâce à des offres accessibles et une qualité de service reconnue», a-t-il affirmé. Il a également salué le travail de ses plus de 300 collaborateurs femmes et hommes qui portent au quotidien cette ambition nationale. Bâtir un numérique béninois inclusif, compétitif et maîtrisé. À travers des solutions innovantes, un effort constant de simplification, une stratégie RSE active et des investissements ciblés, Celtiis veut consolider ses performances tout en redistribuant la valeur à ses clients et partenaires. «Faites-nous confiance. Nous construisons ensemble l’avenir de l’internet au Bénin», a-t-il conclu.
L’un des moments marquants de la soirée fut l’annonce officielle du lancement, en novembre prochain, du Club Presse Celtiis, une initiative inédite pensée comme une plateforme d’échange privilégiée entre l’opérateur, les journalistes, les professionnels du digital et les institutions. Ouvert aux détenteurs de carte de presse, ce club vise à renforcer la communication responsable, faciliter l’accès à l’information, proposer des ressources exclusives et valoriser les synergies autour des actions citoyennes. Celtiis y voit un levier de dialogue structuré, au service d’une relation durable, respectueuse et constructive. Au terme de cette journée dense, marquée par une volonté d’explication, d’ouverture et de pédagogie, un constat s’impose: Celtiis n’est plus seulement un opérateur. Il devient un acteur stratégique du paysage économique et technologique du Bénin, un moteur d’innovation et un partenaire engagé des médias. Le Celtiis Open Day Médias en a été l’illustration éloquente. Le numérique béninois s’écrit désormais à plusieurs voix, avec clarté, ambition et responsabilité.
Fortuné Dotin