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Sécurité maritime : Les ports africains préparent le virage de la capitainerie intelligente depuis Cotonou

Réunis à Cotonou du 8 au 10 juillet 2026, les commandants de ports et officiers de sûreté de l’AGPAOC explorent les réponses aux nouveaux défis maritimes.

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Sécurité maritime : Les ports africains préparent le virage de la capitainerie intelligente depuis Cotonou

Réunis à Cotonou du 8 au 10 juillet 2026, les commandants de ports et officiers de sûreté de l’AGPAOC explorent les réponses aux nouveaux défis maritimes.

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les commandants de ports et officiers de sûreté de l’AGPAOC explorent à Cotonou, les réponses aux nouveaux défis maritimes.

les commandants de ports et officiers de sûreté de l’AGPAOC explorent à Cotonou, les réponses aux nouveaux défis maritimes.

Par Fortuné DOTIN

La transformation numérique, la sécurité maritime et la résilience des infrastructures portuaires sont au cœur des échanges de la 11e réunion du réseau des commandants de port et des officiers de sûreté des installations portuaires (PFSO) de l’Association de gestion des ports de l’Afrique de l’Ouest et du Centre (AGPAOC), ouverte ce mercredi 8 juillet 2026 à Cotonou.

Pendant trois jours, les responsables portuaires venus des différents pays membres du réseau vont réfléchir aux moyens de faire évoluer les ports africains face aux mutations technologiques et aux menaces nouvelles qui pèsent sur le transport maritime. Placée sous le thème « La capitainerie intelligente face aux défis des ports africains du futur », cette rencontre ambitionne de renforcer la coopération régionale autour d’une gestion portuaire plus sûre, plus numérique et plus durable.

À l’ouverture des travaux, le commandant Charles Benert Fayomi, commandant du Port autonome de Cotonou, a insisté sur la nécessité pour les ports africains de renforcer leur coopération afin de répondre à des défis devenus transnationaux. Selon lui, les progrès réalisés ces dernières années dans la lutte contre la criminalité maritime ne doivent pas conduire à relâcher les efforts. « Notre présence à Cotonou illustre la volonté des ports d’Afrique de l’Ouest et du Centre de renforcer leur coopération afin de bâtir un espace maritime plus sûr, plus résilient, plus durable et plus compétitif », a-t-il déclaré.

Les ports africains face à une nouvelle génération de menaces

Les enjeux sécuritaires restent au premier plan des préoccupations des acteurs portuaires. Dans son intervention, le commandant Fayomi a rappelé que, malgré les efforts conjoints des États et des partenaires internationaux, le golfe de Guinée demeure confronté à des risques persistants.

S’appuyant sur les données du rapport annuel 2025 du MICA Center, il a évoqué une hausse des actes de brigandage maritime dans la région, avec 41 incidents recensés en 2025, ainsi qu’une progression des actes de piraterie. À ces menaces traditionnelles s’ajoutent désormais les trafics illicites, la pêche illégale, les risques cybernétiques et les formes hybrides d’attaques visant les infrastructures critiques.

Pour les responsables portuaires, la réponse passe nécessairement par une meilleure circulation de l’information, une coordination renforcée et une adaptation permanente des outils de surveillance.

Mais la sécurité maritime ne constitue qu’une partie des transformations attendues. L’évolution de la taille des navires, l’intensification du trafic et les exigences environnementales imposent également aux ports de moderniser leurs modes de fonctionnement.

C’est dans cette perspective que la notion de « capitainerie intelligente » prend tout son sens. Elle doit progressivement devenir un centre stratégique capable d’exploiter les données maritimes, les systèmes d’aide à la navigation, l’intelligence artificielle ou encore les outils prédictifs pour améliorer la prise de décision. « L’intelligence artificielle ne remplacera pas le commandant du port. Elle renforcera sa capacité d’anticipation, d’analyse et de prise de décision », a souligné Charles Benert Fayomi.

La digitalisation devient un levier de compétitivité portuaire

Au-delà des questions sécuritaires, les échanges de Cotonou portent également sur la capacité des ports africains à intégrer les technologies qui façonnent l’avenir du secteur maritime.

Pour Jean-Marie Kofi, secrétaire général de l’AGPAOC, la transformation numérique des capitaineries constitue désormais une nécessité. Les centres de commandement portuaire doivent évoluer pour intégrer davantage de données issues notamment des systèmes AIS, VTS et des plateformes numériques de surveillance. « Nos capitaineries ne peuvent plus être de simples postes de veille et de coordination des mouvements de navires. Elles doivent devenir de véritables centres névralgiques du port », a-t-il expliqué.

Cette mutation doit toutefois rester guidée par un objectif prioritaire : garantir la sûreté et la sécurité des installations et des personnels. Le responsable de l’AGPAOC a également appelé les membres du réseau à renforcer leurs échanges opérationnels et à développer une véritable culture régionale de coopération.

Pour lui, l’efficacité du réseau repose autant sur les outils que sur la capacité des commandants de ports à travailler ensemble au quotidien. Il a notamment invité les responsables présents à mieux utiliser les plateformes d’échanges mises à leur disposition afin de faciliter le partage d’expériences entre ports francophones, anglophones et lusophones.

Cotonou veut conforter son positionnement de hub maritime régional

Le choix du Bénin pour accueillir cette rencontre traduit également la place croissante accordée aux enjeux portuaires dans la stratégie nationale de développement. Représentant le gouvernement béninois, le contre-amiral Fernand Maxime Awoyo, préfet maritime, a rappelé que le Port autonome de Cotonou représente bien plus qu’une infrastructure économique. « Le port de Cotonou est plus qu’une infrastructure économique. Il est une porte d’entrée stratégique sur le monde, un levier de croissance, un instrument d’intégration régionale et un maillon essentiel des chaînes logistiques sous-régionales », a-t-il déclaré.

Selon lui, la modernisation portuaire engagée au Bénin vise à faire de Cotonou une plateforme plus performante, plus sûre et mieux intégrée aux grands corridors régionaux. Le préfet maritime a également insisté sur le fait que la digitalisation des ports doit s’accompagner d’une vigilance accrue face aux cybermenaces. « Nos systèmes d’information sont devenus des infrastructures critiques dont la protection participe pleinement de la souveraineté et de la résilience de nos États », a-t-il affirmé.

Durant les trois jours de travaux, les participants examineront notamment les questions liées à la transformation numérique des capitaineries, la sûreté maritime, la protection de l’environnement, la résilience des infrastructures et l’harmonisation des compétences professionnelles.

À travers cette rencontre, l’AGPAOC entend renforcer une conviction commune : face aux défis technologiques, sécuritaires et environnementaux, aucun port africain ne pourra avancer seul. La coopération régionale apparaît désormais comme l’un des leviers essentiels pour préparer les ports du continent aux exigences des prochaines décennies.

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