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Financement du développement : La BAD lance une plateforme pour aligner les capitaux africains

La Banque africaine de développement a réuni le 19 novembre 2025 à Abidjan des institutions financières africaines et des partenaires privés pour poser les bases d’une nouvelle plateforme panafricaine de coordination financière, attendue en 2026, afin de mieux mutualiser les projets et combler les déficits de financement du développement.

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Financement du développement : La BAD lance une plateforme pour aligner les capitaux africains

La Banque africaine de développement a réuni le 19 novembre 2025 à Abidjan des institutions financières africaines et des partenaires privés pour poser les bases d’une nouvelle plateforme panafricaine de coordination financière, attendue en 2026, afin de mieux mutualiser les projets et combler les déficits de financement du développement.

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Par Brunelle TCHOBO

Le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) accélère la création d’une plateforme continentale destinée à coordonner, harmoniser et déployer plus efficacement les financements du développement sur le continent. L’initiative, présentée lors d’une série de rencontres organisées les 18 et 19 novembre au siège de la Banque à Abidjan, vise à rapprocher l’action des institutions financières africaines et à fluidifier la mobilisation des ressources pour des projets transformateurs.

« Un nouveau cadre pour notre partenariat signifie que nous comptons davantage sur vous. Nos pays ont besoin d’énormes ressources », a déclaré le président du Groupe, Sidi Ould Tah, aux dirigeants des principales Institutions de financement du développement (IFD) africaines, dont la BIDC, la TDB, la BOAD, Africa Finance Corporation et Shelter Afrique.

La future plateforme entend répondre à trois besoins majeurs. La mutualisation des pipelines de projets, afin de disposer d’une vision consolidée des investissements, l’harmonisation des normes techniques, pour réduire les frictions entre bailleurs, la coordination des calendriers de mise en œuvre, pour éviter les retards et doublons. Pour Sidi Ould Tah, les IFD régionales sont les plus proches des bénéficiaires et constituent donc des relais indispensables. Il appelle à un renforcement de leur base de capital pour leur permettre de mieux remplir leur mandat.

Des acteurs régionaux favorables mais vigilants

Les dirigeants présents ont salué l’initiative tout en formulant des propositions concrètes. Admassu Tadesse, Pdg de TDB Group, a plaidé pour un mécanisme de liquidité de réserve destiné à réduire les coûts de financement des IFD et a encouragé un recours accru aux garanties de capital appelable, afin de s’appuyer sur la notation de crédit « AAA » des banques multilatérales de développement.

Serge Ekue, président de la BOAD, a insisté sur l’importance de cette notation élevée pour protéger les institutions des turbulences géopolitiques régionales. Il a rappelé que plusieurs pays ouest-africains avaient vu leur note dégradée après une série de coups d’État. Il a également souligné la nécessité d’éviter les chevauchements d’efforts. « Nous sommes suffisamment petits pour nous soucier des détails, mais suffisamment grands pour agir », a-t-il déclaré. Pour George Agyekum Donkor, président de la BIDC, la plateforme doit renforcer la synergie entre institutions financières, notamment via les programmes de cofinancement et de syndication.

De nouvelles dynamiques d’impact

Le directeur général de Shelter Afrique, Thierno-Habib Hann, a rappelé que la coordination accrue permettra d’optimiser la mobilisation des ressources et de renforcer les capacités opérationnelles, par exemple via les facilités de préparation de projets de la BAD.

Sameh Shenouda, représentant d’Africa Finance Corporation, a appelé à décloisonner les secteurs et à développer une communication collective sur les opportunités africaines. « Il n’y a pas assez de projets bancables, pas assez de ressources en capitaux propres », a-t-il indiqué. Solomon Quaynor, vice-président de la BAD chargé du secteur privé et de l’industrialisation, a confirmé que la Banque mènerait des discussions bilatérales pour déterminer la meilleure répartition des capitaux dans ce nouveau cadre coopératif.

À l’issue des consultations, Sidi Ould Tah a annoncé la création d’un groupe de travail chargé d’examiner les sujets prioritaires tels que le renforcement de l’équité, la réduction des risques, la subsidiarité, la prévention des doubles emplois, les prêts concessionnels et l'accès aux liquidités. Le président de la BAD engagera également un dialogue stratégique avec le secteur privé et les agences de notation à Londres à la mi-décembre, à la suite de la réunion finale de la 17ᵉ reconstitution du Fonds africain de développement, organisée par le Royaume-Uni et le Ghana.

Avec cette plateforme, la Banque africaine de développement ambitionne de fédérer un véritable écosystème africain du financement du développement, mieux aligné, plus agile et capable de répondre à l’ampleur des besoins du continent.

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