L’initiative marque un tournant décisif dans la politique agricole au Sénégal et constitue une avancée stratégique dans un contexte de quête de souveraineté alimentaire, d’élimination de l’insécurité alimentaire et de réduction des importations.
Elle porte l’ambition de moderniser de façon concrète l’agriculture à travers de nouvelles techniques culturales connectées aux outils numériques.
Cette méthode favorise également l’augmentation des revenus ruraux ainsi que la création d’emplois, notamment pour les jeunes, et alimente une réelle connexion entre producteurs, sources de financements, mais aussi et surtout les marchés nationaux et internationaux.
Le pacte AgriConnect se concentre sur trois chaînes de valeur prioritaires, les céréales, l’horticulture et l’élevage, tous adossés aux investissements structurants dans les infrastructures et services agricoles, à la révision des politiques sectorielles en vue de l’amélioration de l’environnement des affaires et aux investissements privés.
L’initiative marque une nouvelle étape dans la politique agricole du pays, désormais tournée vers la souveraineté alimentaire. Elle constitue un dispositif de mise en œuvre harmonisée, aligné sur l’Agenda national de transformation Sénégal 2050 et la Stratégie de souveraineté alimentaire (SSA 2025-2034).
Engagement politique majeur structurant
L’enjeu de ce pacte n’est pas seulement l’augmentation de la production, mais une responsabilité accrue de l’État d’aller au-delà de son rôle d’accompagnateur pour impulser une coordination institutionnelle renforcée, mettre en place des mécanismes de pilotage dédiés, engager des réformes courageuses visant à améliorer l’environnement des affaires agricoles, et mettre à disposition les ressources nécessaires.
Quiz des ressources
Le pacte intervient dans un contexte de difficulté économique teinté de dette publique accrue (16.160,5 milliards de francs Cfa, soit 81,2% du produit intérieur brut (PIB) à la fin 2025) et de déficit budgétaire (5,4% du PIB noté dans les finances de l’État la même année).
L’apport majeur de ce pacte réside dans le rôle moteur du gouvernement à fédérer les énergies mais aussi les ressources économiques pour atteindre cet idéal. À ce niveau, la prudence doit rester de mise afin de ne pas accentuer l’anémie financière.
L’approche traduit une volonté de changement de méthodes et de pratiques dans le secteur, passant d’une agriculture de subsistance soutenue à un véritable modèle productif intégré aux chaînes de valeur nationales, capable d’encourager une croissance de la productivité et de la qualité des récoltes.
Sécurité alimentaire et nutritionnelle, objectif final
La disponibilité des intrants agricoles dans les régions assure une croissance généralisée. Le communiqué conjoint du gouvernement et de la Banque mondiale, partenaire, renseigne que le taux de couverture en céréales passera de 48 à 78% pour atteindre un taux de 90% de sécurité alimentaire au niveau national.
La stratégie assure l’autosuffisance en riz portée à 64% et l’établissement de plus de 100 coopératives agricoles communautaires à travers les régions du pays.
Le meilleur accès des producteurs aux ressources productives agricoles de qualité encourage l’amélioration des rendements et de la qualité nutritive des récoltes. La mise en connexion entre agriculteurs, avec l’accès au numérique et aux financements adéquats prévu par le pacte, reste un gage de meilleure productivité grâce à une agriculture de précision.
Celle-ci passe par la mise en place de systèmes numériques fiables, permettant une meilleure visibilité des données climatiques. Cela s’ajoute à la mise en relation directe avec les acheteurs.
L’agriculture, moteur de croissance et d’emploi
L’application du pacte renforcera la contribution du secteur agricole dans l’économie nationale, évaluée à 15 à 17% du produit intérieur brut (PIB). L’agriculture détient un taux d’employabilité estimé à 22% de la population active.
Cette estimation pourrait considérablement évoluer, signifiant une augmentation avec la création de nouveaux emplois dans le secteur du numérique agricole, notamment dans le domaine des données, des drones, des plateformes, des services connectés.
Ce pacte participera à la création de startups numériques agricoles et de services para-agricoles. En somme, il drainera une augmentation du taux de nouveaux emplois directs estimé à 800.000 d’ici 2029. Ainsi, le pacte agritech se présente non pas comme un simple programme mais comme un levier essentiel capable de booster la production agricole, et plus encore un accélérateur des performances qui peut conduire à la souveraineté alimentaire.