Par Claudia Kenou
Soutenir les Petites et Moyennes Entreprises dans leur montée en gamme fiscale, telle est la vocation réaffirmée de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Bénin (CCI Bénin), à travers une rencontre thématique organisée mercredi 28 mai 2025 à Cotonou, sur le rôle stratégique des Centres de Gestion Agréés (CGA) dans le développement des PME. Animée par Christophe Dossa-Assogba, représentant du CBACE-CGA, cette session a rassemblé un public de chefs d’entreprises, de représentants d’organisations patronales et d’acteurs du conseil, venus s’informer sur les bénéfices concrets d’une adhésion à un CGA.
Face à la numérisation croissante des procédures fiscales (immatriculation en ligne, télé-déclaration, télépaiement, facturation normalisée...), les CGA apparaissent désormais comme des relais indispensables de la modernisation. Créés pour appuyer les entreprises dans leur gestion comptable et fiscale, ils deviennent aujourd’hui des outils de formalisation, de montée en compétence et d’optimisation. Le Centre Béninois d’Assistance et de Conseil aux Entreprises (CBACE-CGA), structure agréée depuis 2011 par le ministère des Finances, en incarne l’un des exemples les plus actifs.
«Le CGA n’est pas un comptable externe. C’est un levier stratégique pour sécuriser vos démarches, éviter les erreurs coûteuses et profiter d’allègements fiscaux réels», a insisté Christophe Dossa-Assogba. Il a détaillé les conditions d’adhésion. En effet, le dispositif d’adhésion au CBACE-CGA reste accessible. Tout entrepreneur exerçant une activité licite, qu’elle soit déjà formalisée ou en cours de régularisation, peut intégrer le centre sur présentation d’un dossier administratif simple (Rccm, Ifu, carte professionnelle…) et moyennant un droit d’entrée de 10.000 francs Cfa. Une fois membre, l’entreprise bénéficie de conseils personnalisés, d’un appui comptable, d’un encadrement fiscal sur mesure, de la médiation pour les litiges en deçà de 50 millions de francs Cfa ainsi que d’un accès guidé aux plateformes de télé-déclaration.
Mieux encore, les entreprises nouvellement créées ou non encore connues de l’administration fiscale, bénéficient sous conditions, d’une réduction d’impôt de 40% pendant quatre ans et d’une exonération de contrôle fiscal pendant deux ans. «Ces incitations sont là pour encourager la formalisation. Ce que nous proposons, c’est une transition en douceur vers les standards exigés aujourd’hui», a souligné le conférencier.
La session a également mis en lumière l’importance d’une bonne segmentation fiscale selon le chiffre d’affaires et le statut juridique. De la Taxe Professionnelle Synthétique (TPS) pour les établissements de moins de 50 millions de francs Cfa au régime réel intégrant la TVA pour les entités dépassant ce seuil, en passant par le régime spécial de l’Impôt sur les Sociétés (IS), chaque configuration implique des obligations déclaratives précises, des échéances à respecter et des risques de pénalités en cas d’erreur. D’où l’intérêt pour les PME de s’attacher les services d’un centre agréé qui, au-delà de la tenue des comptes, assure un rôle de veille et de transmission.
L’approche pédagogique du CBACE-CGA a été saluée par les participants, tout comme l’initiative de la CCI Bénin de porter ces échanges au plus près des besoins des PME. À l’issue d'une session de questions-réponses, plusieurs chefs d’entreprises ont exprimé leur satisfaction et salué l’engagement renouvelé de la CCI Bénin à accompagner la montée en gamme du tissu entrepreneurial béninois. À travers ces actions, la CCI Bénin rappelle que la conformité fiscale, loin d’être une contrainte, peut devenir un levier de croissance essentiel pour les PME.
Fortuné Dotin