Par Fortuné DOTIN
Le 21 avril 2026, la Chambre de Commerce et d’Industrie du Bénin (CCI Bénin) a réuni, à Cotonou, une quarantaine de chefs d’entreprises autour d’une session de formation consacrée aux marchés publics financés par la Banque mondiale. Pendant près de trois heures, les participants, issus des secteurs des travaux, des fournitures et des services, ont été outillés sur les mécanismes d’accès à ces opportunités, souvent perçues comme complexes mais hautement stratégiques.
Une initiative qui, s’inscrit dans une dynamique plus large de renforcement des capacités du secteur privé béninois, encore peu présent sur ces marchés pourtant porteurs en volume d’affaires et en opportunités d’expansion à l’international.
Les freins qui limitent l’accès des entreprises béninoises aux marchés de la Banque mondiale
À l’ouverture des travaux, Dr Derrick Bodjrenou, Chef de la Cellule Juridique et Conseiller en marchés publics à la CCI Bénin, intervenant au nom des autorités consulaires, a mis en lumière les principales difficultés rencontrées par les entreprises. Complexité des dossiers, contraintes linguistiques et méconnaissance des normes internationales figurent parmi les freins régulièrement évoqués par les opérateurs économiques. Selon lui, ces obstacles ne doivent pas constituer des freins définitifs. La formation s’inscrit dans une démarche de clarification des procédures, de démystification et de montée en compétences, avec pour objectif de permettre aux entreprises béninoises de passer du statut de simples observatrices à celui d’actrices à part entière des marchés financés par les partenaires techniques et financiers, notamment la Banque mondiale.
Dans cette perspective, la collaboration engagée avec la Banque mondiale se veut à la fois ciblée et opérationnelle, avec un accent particulier mis sur l’appropriation des procédures et des exigences spécifiques liées à ces appels d’offres internationaux.
Les procédures des appels d’offres de la Banque mondiale expliquées aux entreprises
Animée par Brahim Hamed, spécialiste principal en gouvernance et passation des marchés pour la région Afrique, la session a présenté le fonctionnement du Groupe de la Banque mondiale, ses instruments de financement et les évolutions réglementaires attendues à partir de septembre 2026.
Les participants ont été formés aux étapes clés de participation aux appels d’offres internationaux, notamment l’identification des opportunités, la recherche de contrats et la préparation d’offres conformes aux exigences internationales. Les règles de soumission, les délais de traitement et les procédures de gestion des plaintes ont également été expliqués. La formation a mis l’accent sur les exigences de transparence et de lutte contre la corruption, considérées comme des conditions indispensables pour accéder aux marchés financés par la Banque mondiale et y participer durablement.
Les entreprises béninoises encouragées à renforcer leur structuration pour mieux compétir
La phase d’échanges a confirmé l’intérêt croissant des entreprises pour ces opportunités. Les préoccupations soulevées, concrètes et opérationnelles, traduisent une volonté de franchir un cap en matière de structuration et de compétitivité.
S’exprimant au nom des participants, Charlemagne Mawudegbe Edoh Kokouvi, entrepreneur dans le BTP, a salué une formation « riche, intense et stratégique ». Au-delà de l’apprentissage, il a insisté sur la nécessité de traduire ces acquis en actions concrètes : constitution de dossiers techniques solides, organisation interne rigoureuse et capacité à répondre efficacement aux exigences internationales. Pour les entreprises béninoises, l’enjeu dépasse la simple obtention de contrats. Il s’agit aussi de gagner en crédibilité, de capter des volumes d’affaires significatifs et de s’inscrire durablement dans des chaînes de valeur globales.
À travers cette initiative, la CCI Bénin confirme son rôle d’accompagnateur du secteur privé dans sa montée en compétences. En ouvrant l’accès aux marchés financés par la Banque mondiale, elle contribue à poser les bases d’un tissu entrepreneurial plus compétitif, capable de mobiliser des financements internationaux et de les transformer en projets concrets au service de l’économie nationale.











