Par Boris Mawuena
Cette évolution traduit la confiance croissante des investisseurs dans les fondamentaux macroéconomiques du pays, portée par de solides perspectives de croissance et une discipline budgétaire jugée crédible, rapporte l’Agence Ecofin.
Dans son analyse, Fitch souligne que le Bénin affiche des performances économiques nettement supérieures à celles des pays de même catégorie. Après une croissance estimée à 7,5% en 2025, le produit intérieur brut réel devrait se maintenir au-dessus de 6,5% en 2026 et 2027, un niveau largement supérieur à la médiane des États notés « B ».
Cette dynamique repose sur une économie considérée comme largement diversifiée, soutenue par l’agriculture, l’industrie, les services, le tourisme, mais également par les activités du port autonome de Cotonou et la poursuite de grands chantiers d’infrastructures.
Selon Fitch, l’économie béninoise a également démontré une forte capacité de résilience face à plusieurs chocs externes. La fermeture de la frontière avec le Niger et la suppression des subventions sur les carburants au Nigeria n’ont pas entraîné de ralentissement majeur de l’activité, confirmant la solidité du modèle économique, souligne l’Agence Ecofin.
L’agence de notation met aussi en avant la rigueur budgétaire observée ces dernières années. Le déficit public est attendu à 3,1% du PIB en 2025, un niveau conforme aux critères de convergence de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA).
Cette trajectoire devrait rester globalement stable jusqu’en 2027, les hausses de dépenses, notamment liées aux investissements publics, devant être compensées par une amélioration de la mobilisation des recettes fiscales, projetées à 15,8% du PIB à moyen terme.
Cette combinaison entre croissance soutenue et prudence budgétaire ouvre la voie à une réduction progressive de la dette publique, estimée à 51,8% du PIB en 2025, puis appelée à passer sous le seuil des 50% à l’horizon 2027, indique l’Agence Ecofin. Fitch insiste par ailleurs sur la structure favorable de la dette, caractérisée par une maturité moyenne de 9,3 ans, une forte proportion de taux fixes (99%) et une part importante de financements concessionnels (57%).
Le coût moyen de la dette demeure modéré, à 3,4%, tandis que près de 82% de l’encours est libellé en francs Cfa ou en euros, réduisant les risques de change et de refinancement. L’agence relève également le niveau élevé des dépôts publics, proches de 10% du PIB, constituant un important coussin de liquidité pour l’État.
Sur le plan régional, Fitch note le renforcement significatif des réserves de change de l’UEMOA, passées de 16 à 33 milliards de dollars en un an, ce qui contribue à réduire les risques de liquidité externe pour les pays membres, dont le Bénin.
Toutefois, malgré ces signaux positifs, certains facteurs continuent de limiter la notation. Le faible revenu par habitant, estimé à 1.600 dollars en 2025, l’ampleur de l’économie informelle ainsi que les risques sécuritaires et politiques, notamment dans un contexte électoral en 2026, pèsent encore sur la note souveraine. Ces éléments expliquent le maintien de la notation à B+, en dépit de l’amélioration de la perspective, conclut l’Agence Ecofin.