Par Brunelle TCHOBO
Lors de l'événement, le directeur général de l’APIEx, Éric Akouté, a présenté l'environnement des affaires au Bénin et le code des investissements. Il a rappelé un épisode fondateur : le roadshow conduit en Chine en juillet 2019, dans le sillage de la vision industrielle impulsée par le chef de l’État.
À l’époque, une délégation conduite par l’ambassadeur du Bénin en Chine, Simon Pierre Adovelandé, et composée notamment de responsables de l’APIEx et de la SIPI-Bénin, a sillonné plusieurs grandes villes industrielles chinoises dont Shenzhen, Ningbo et Guangzhou.
« En parcourant des kilomètres d’industries, notamment dans le textile, nous avons compris ce que signifiait réellement le rêve industriel porté par le chef de l’État », confie le directeur général de l’APIEx. Près de six ans plus tard, cette vision a pris corps. La Chine est désormais au Bénin, avec une délégation d’une trentaine d’entreprises venues explorer des opportunités d’implantation et de coindustrialisation.
Un climat des affaires compétitif et assumé
Stabilité politique, gouvernement pro-business, énergie à coût compétitif et crédibilité financière reconnue constituent aujourd’hui les piliers de l’environnement des affaires. Les performances récentes du pays dans le rapport B-Ready de la Banque mondiale confirment cette trajectoire.
Sur sept indicateurs évalués, le Bénin se classe premier dans cinq au sein de l’UEMOA et deuxième dans deux autres. Le pays se distingue notamment dans le commerce international, l’implantation des entreprises, l’accès aux services publics, les services financiers et la fiscalité, où il affiche l’un des niveaux de pression fiscale cumulée les plus faibles du continent.
Un contraste saisissant avec 2016, lorsque le Bénin occupait encore le 151ᵉ rang dans le classement Doing Business. Pour l’APIEx, ces résultats sont le fruit de réformes structurelles assumées et d’une volonté politique constante.
Au-delà des classements, l’APIEx a détaillé les trois grands dispositifs d’investissement mis à la disposition des opérateurs économiques : le Code des investissements, le régime des zones économiques spéciales et les partenariats public-privé.
Le message central est sans ambiguïté, l’investissement est détaxé au Bénin. Aucun droit de douane, aucune TVA sur les équipements, et des exonérations d’impôt sur les sociétés pouvant aller de cinq à dix-sept ans selon le régime choisi.
Le pays mise également sur un réseau structuré de zones économiques spéciales. À la Zone industrielle de Glo-Djigbé (GDIZ) s’ajoutent l’Africa Logistics Zone au port de Cotonou et la Zone économique spéciale de Sèmè-Podji, désormais confiée à un opérateur sino-nigérian. Une stratégie assumée par les autorités béninoises, qui souhaitent offrir aux industriels chinois un écosystème familier, sécurisé et propice à la montée en puissance industrielle.
Le Bénin, plateforme de transformation et de réexportation
L’APIEx a insisté sur la flexibilité des régimes douaniers proposés. Les entreprises orientées vers l’exportation peuvent importer matières premières et composants sans taxation, transformer localement et réexporter librement. Celles visant le marché régional bénéficient du régime intra-communautaire, facilitant la commercialisation dans l’espace UEMOA et CEDEAO.
Pour les projets structurants, l’État béninois va plus loin encore, avec la possibilité de négocier un cadre fiscal sur mesure dans le cadre des partenariats public-privé, lorsque le droit commun ne permet pas d’assurer la rentabilité du projet.
APIEx, guichet unique de l’investissement
Au cœur de ce dispositif, l’APIEx se positionne comme l’unique point d’entrée des investisseurs. Création d’entreprise en quelques heures, absence de capital minimum, liberté totale dans la gouvernance, formalités simplifiées : le Bénin lève méthodiquement les freins administratifs à l’investissement.
« Vous pouvez créer votre entreprise dès demain, avec un simple visa », a lancé Éric Akouté aux membres de la délégation chinoise, invitant les investisseurs à passer rapidement de l’intention à l’action.
Vers une coindustrialisation durable
Cet événement a été organisé grâce à la synergie des actions de différents acteurs sectoriels, tels que le ministère des Affaires étrangères, l’APIEx, la CDC Bénin, entre autres.
À travers cette mission économique, le Bénin affiche clairement son ambition de faire évoluer le partenariat sino-béninois vers un modèle de coindustrialisation, fondé sur la transformation locale, la création d’emplois et la valeur ajoutée.
Plus qu’une opération de séduction, la démarche portée par l’APIEx s’inscrit dans la durabilité. « L’investissement est un long chemin », rappelle le directeur général. Un chemin que le Bénin entend désormais parcourir avec des partenaires industriels solides, dans un cadre structuré, compétitif et résolument tourné vers l’avenir.